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Archive for juin 2011

Pour faire suite à mon billet sur la grève des facteurs de Postes Canada, le dénouement de l’histoire est finalement tombé. Le gouvernement fédéral canadien a bel et bien imposé une loi spéciale pour forcer le retour au travail, mettant un terme au conflit social sans la moindre négociation. Le gouvernement Harper a en effet assorti sa loi spéciale d’offres salariales en-deçà de ce que la partie patronale avait proposé à ses employés.

Encore une fois, vu de France, la résolution de cette empoignade a de quoi laisser sans voix les syndicats de salariés… et faire rêver l’UMP et le MEDEF. Cette actualité me paraît emblématique pour illustrer les différences entre les deux pays : le Canada n’est certes pas aussi libéral que les États-Unis, mais la mentalité n’en reste pas moins américaine, notamment en ce qui concerne la culture du travail. En France, où le droit de grève est constitutionnel, un tel dénouement, avec l’État forçant la fin de la grève et le retour au travail, serait jugé comme un acte de dictature. Du genre à mériter de se faire botter l’oignon:

Au Canada, les postiers subissent la loi spéciale avec amertume, mais résignation. Le monde syndical accepte, bon gré mal gré, de voir cette épée de Damoclès lui pendouiller au-dessus de la tête.

Ce n’est pas toujours définitif d’ailleurs, puisque lors du récent conflit social chez Air Canada, syndicats et direction avaient abouti à des négociations avant la mise en œuvre de la loi spéciale… Mais le principal point en litige, le régime de retraite, avait été balayé sous le tapis.

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Les scientifiques pourraient se rendre utiles en trouvant un moyen de guérir le Sida, assainir l’atmosphère ou rendre Christophe Maé aphone. Au lieu de ça, ils préfèrent utiliser leur matériel de pointe pour s’adonner à des passe-temps amusants. Certains planchent sur l’invention de la langue commune chien-humain, d’autres rivalisent d’ingéniosité pour déterminer si, oui ou non, le Coca-Cola est un redoutable spermicide.

Récemment, la communauté scientifique s’est penchée sur un fleuron de la culture française, connue de Lutèce à Hochelaga : les 34 albums de bande dessinée Astérix et Obélix. Après des mois de labeur, cinq brillants chercheurs ont réuni l’ensemble de leurs confrères dans un amphithéâtre, se sont raclés la gorge et, la mine grave, ont déclamé en chœur:

« Nous avons dénombrés dans les 34 albums d’Astérix et Obélix 704 victimes de traumatismes crânio-cérébraux, dont 698 hommes et 6 femmes. 450 sont Romains (soit 63,9 % des cas), 120 Gaulois, 59 pirates, 20 Goths, 14 Normands, 8 Vikings, 6 Anglais et 4 extraterrestres. »

Contents de leur coup, et devant l’hilarité de l’assistance (les scientifiques aiment bien le second degré), ces spécialistes de la lésion cérébrale ont continué de détailler le fruit de leurs travaux. « Dans 90 % des cas, les blessures ont été provoquées par des coups donnés par des Gaulois généralement dopés à la potion magique. Les Romains sont tout de même à l’origine de 32 lésions cérébrales et, cas suffisamment rare pour être souligné, l’une d’elles a été infligée par un pirate ».

En utilisant des signes cliniques comme l’ecchymose à l’œil ou la paralysie du nerf hypoglosse (langue pendante), les chercheurs ont pu classer les blessures selon l’échelle de Glasgow qui indique l’état de conscience du patient : 390 cas sont graves, 89 modérés et 225 légers et aucun mort n’est à déplorer. Il faut dire que les Romains sont protégés par leur casque dans 70,5 % des cas, même si les pauvres légionnaires le perdent dans la majorité des situations.

Les chercheurs ont conclu leur présentation en levant un toast au génie humain, avant de déplorer toutefois la qualité du champagne servi.

Interrogé à la sortie du buffet, Karl Schaller, neurochirurgien de l’université de Genève, a tenu à apporter sa contribution à l’étude. « La fixation de la sangle du casque aurait dû être prise avec davantage de sérieux par les Romains », a-t-il noté, avant de saluer cette « étude stimulante ».

Français et Québécois seront certainement heureux d’en avoir tant appris sur ce monument de la culture francophone. Vivement l’étude linguistique des jurons du capitaine Haddock.

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Seul le tiers de l’assiette des Québécois est composé de produits des fermes du Québec, selon l’Union des producteurs agricoles (UPA). Cette proportion passe à 55% si on ajoute les aliments transformés dans la Province, comme le jus d’orange Oasis, dont l’ingrédient principal reste importé.

En France, 60 % des fruits et légumes consommés sont importés d’Espagne, de Turquie ou du Maghreb. 70% des poissons viennent de Norvège, de Corée ou encore du Vietnam. 30% de ce que mangent les Français est importé de Chine.

Manger « français » ou « québécois » n’est cependant pas synonyme de saine bouffe (ni de cannibalisme, normalement). Élevage intensif et emploi de pesticides existent partout.  En France par exemple, l’élevage intensif est employé pour au moins 80% de la production de viande (parfois plus, selon les espèces). En 2005, une études a révélé qu’environ un tiers des fruits et légumes cultivés au Québec contenaient des pesticides.

Du coup, en cas de doute, mieux vaut consommer local, près de chez vous : mangez-vous un pied. Privilégiez le pied gauche, si vous êtes droitier. Si vous êtes gaucher, boulottez le pied droit. Si vous n’avez plus de pied, allez voir vos voisins.

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Attention attention, le Figaro pointe du doigt une nouvelle grève nationale de la Poste! Et pour une fois, ses lecteurs préhistoriques partouzeurs de droite devront remballer les blagues sur la France feignasse, puisque c’est au Canada que ça se passe, depuis le 3 juin dernier.

Les facteurs canadiens ne sont pas contents, mais alors pas du tout. Ben non, l’arrivée de nouvelles technologies pour trier le courrier a engendré une augmentation des accidents du travail (un peu comme l’arrivée de ma nouvelle machine à laver entraîne une augmentation de tee-shirts trop courts). Le tout dans un contexte tendu socialement : les salariés sont en pleine négociation, avec Postes Canada, d’un nouveau contrat collectif de travail. Sont en jeu des augmentations de salaire, congés maladie et les pensions de retraite. Les Canadiens n’ont peut-être pas la culture de la grève, mais l’heure n’est pas aux papouilles.

C’est le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses des Postes Canadiennes qui mène le mouvement. On n’avait rien vu de tel depuis 13 ans. Il a décidé d’organiser une grève tournante, ou rotative. En clair, les bureaux de poste du pays bloquent leur travail à tour de rôle.

« Une grève tournante a un impact assez considérable sur l’entreprise, sur les employés et sur les consommateurs », a affirmé Anick Losier, directrice des relations avec les médias à Postes Canada. Selon elle, le volume de courrier a diminué de 50% depuis le début du mouvement.

Mais la grève au Canada, ce n’est vraiment pas la grève en France.  L’arrêt du travail rotatif ralentissait le service, mais le maintenait encore sur une jambe. Avec des négociations dans l’impasse, Postes Canada a contre-attaqué d’une manière qui laisserait pantois plus d’un Français: le 15 juin, elle a décrété un lock-out national. En clair, elle a complètement suspendu son activité, et du coup a mis elle-même l’ensemble de ses employés à la porte jusqu’à la reprise du travail!

Avec un peu de cynisme, on pourrait remarquer qu’au moins, en France, vu que les syndicats déclenchent d’emblée des grèves générales, les patrons n’ont pas les moyens de détourner un mouvement social à leur avantage.

Et ce n’est pas tout. Voilà que le gouvernement canadien (droite conservatrice) vient de déposer un projet de loi spéciale pour forcer la reprise du travail. Hé oui, ce genre de loi est possible au Canada! On imagine le tollé en France, où le droit de grève est garanti par la Constitution. Si le projet passe, les postiers canadiens seront contraints de retourner au bureau, sans rien avoir obtenu.

Le député du Nouveau Parti Démocratique (opposition) Yvon Godin, résume la perversité de ce système, qui permet aux patrons de gagner un conflit simplement en refusant le jeu de la négociation. « Le gouvernement Harper est en train de s’ingérer dans les négociations. (…) Il rouvre la porte pour les prochains employeurs de ne juste pas négocier de convention collective, parce que le gouvernement va venir à leur rescousse ».

D’ici l’adoption du projet de loi, le syndicat et la partie patronale ont encore un peu de temps pour s’entendre. Au-delà… les postiers auront perdu la partie!

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Le gouvernement français de droite vient de refuser la légalisation du mariage homosexuel, en rejetant la proposition de l’opposition socialiste. Mais avec les gants : les députés de droite n’ont pas fait bloc viril contre cette évolution. Rien à voir avec le bras de fer houleux auquel on avait eu droit en 1999 lors de l’instauration du PACS, au nom de la morale. Pour les lecteurs Québécois qui ne connaissent pas le PACS, c’est une sorte de mariage « light », ouvert à tous (hétéros et homos), moins solennel mais aussi moins protecteur. On se « pacse » au tribunal, et non en mairie (ne parlons même pas d’Église!). Certes, pour le romantisme on repassera. Mais à l’époque, on parlait d’une vraie évolution pour les couples qui n’osaient pas franchir le cap du mariage, mais n’avaient aucun autre cadre légal auquel se raccrocher. Et pour les homosexuels, jusqu’alors interdits de séjour, c’était un premier pas. Une façon de dire « bon, le mariage c’est encore un peu tôt, mais voilà déjà du biscuit ». D’où la fronde de la droite conservatrice chrétienne. 12 ans plus tard, les mentalités ont évolué, et de nombreux députés de droite ont mis de l’eau dans leur sang du christ vin.

En 12 ans, la société française a évolué, mais toujours pas la loi. Le Québec, pour sa part, a franchi le cap en 2004 :  le mariage gay est devenu légal (loi effective le 20 juillet 2005). La province Canadienne est souvent citée comme référence par les sites homos et lesbiens. Le site Lesbian life indique qu’il est facile de s’y marier, moyennant un délai de 20 jours (c’est encore plus court dans d’autres provinces canadiennes). Le Purple Union, un site spécialisé dans l’organisation des mariages gays, tient à jour toute une série d’adresses pour organiser les cérémonies au Québec…

Le Canada est pourtant dirigé depuis 2006 par un gouvernement conservateur. On ne peut pas dire que l’homosexualité intègre la liste de leurs causes préférées. Le Premier Ministre Canadien Stephen Harper n’a toutefois pas l’intention de relancer le débat sur le mariage gay.

Le chef du gouvernement n’y voit sans doute que peu d’intérêt politique. D’une part, parce que la société canadienne, et en particulier québécoise, se montre à l’aise dans ses baskets à ce sujet. Mais aussi parce qu’en regardant les chiffres, on réalise que le phénomène reste mineur. A peine 513 couples de même sexe se sont mariés en 2009 au Québec, contre 22 000 hétéros.

La plupart d’entre eux préfère s’en tenir au statut de conjoint de fait, voire de célibataire aux yeux du fisc, alors qu’ils font vie commune depuis de longues années. Du coup, depuis 2004, les mariages entre conjoints de même sexe représentent 2% de tous les mariages au Québec.

Ceci dit, les homosexuels n’ont jamais prétendu vouloir se marier en masse, mais en obtenir le droit. C’est avant tout une question de principe et d’égalité. Ce n’est pas parce que l’image du mariage est désuète qu’il faut empêcher les gays de se ringardiser! Tout le monde devrait avoir droit à une belle-mère envahissante et à la possibilité de déclencher un divorce dévastateur.

A noter que les États-Unis débattent également du mariage gay en ce moment. La position du président Barack Obama semble évoluer vers une possible légalisation. A Hollywood, de nombreuses stars rallient la campagne Freedom to Marry. Le mariage homosexuel est déjà légal dans cinq États, ainsi qu’à Washington, la capitale nationale. New-York et la Californie sont également en plein débat. EDIT: légalisé le 25 juin 2011 à New-York.

En France, il faudra donc attendre le lancement officiel de la campagne présidentielle pour que le sujet réapparaisse. Car nul doute que la gauche mettra cette mesure en avant (elle l’a déjà prophétisé). Peut-être même certains centristes. La légalisation du mariage gay a en effet le double avantage d’être une mesure progressiste… et pas chère à mettre en place!

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Un petit truc vite vu en passant : marrant de constater que Renault est plus prompte à lancer ses voitures électriques Z.E. au Canada qu’en France. En attendant leur arrivée sur les chaînes françaises (fin juin début juillet a priori), on peut déjà voir le spot publicitaire dédié à la voiture Renault électrique sur la télévision canadienne. Il imagine ce que serait notre société si tout était alimenté par le pétrole… Merveilleux monde de l’automobile, ami de la nature et de la couche d’ozone, où bourgeonnent tant de belles pensées écologistes…

Pourquoi Renault, l’une des principales entreprises françaises, a-t-il choisi le Canada, l’Amérique du Nord, plutôt que la France pour lancer sa campagne de communication? La concurrence est sans doute moins relevée en Europe. Depuis le début des années 90, les Français restent très attachés à leurs modèles diesel, plus pollueurs mais plus économiques. Ils représentent encore 58% du parc auto dans le pays, contre à peine 0,5% pour les hybrides. La culture du transport « propre » (ne surtout pas oublier les guillemets) en est encore à ses balbutiements.

Les pays d’Amérique du Nord, eux, ont toujours privilégié les voiture essence. Question de performance: au Canada (encore plus aux États-Unis), les bagnoles puissantes, on aime ça ! Toutefois, une crise pétrolière est passée par là. Et les progrès technologiques ont réduit l’écart entre diesel et essence, tant en terme de performance que de consommation énergétique. Certains experts ont cru en 2005 qu’il y aurait du changement dans les habitude de consommation des automobilistes nord-américains.

Mais les ventes du diesel n’ont jamais décollé. La forte demande européenne a tiré les prix vers le haut partout dans le monde. L’affaire est tout de suite devenue moins intéressante en Amérique du Nord, où moins d’un véhicule sur 15 roule au diesel.

Du coup, parce que c’est toujours mieux d’innover que rattraper son retard, il semble que les marchés américain et canadien se tournent directement vers la promotion du véhicule du futur, à savoir le pédalo solaire. Pardon, on m’annonce que finalement ce sont les moteurs hybrides qui auraient la côte, voire, carrément la technologie tout nucléaire électrique. D’où l’empressement de Renault à se positionner au Canada, et de le faire savoir.

Dommage, le pédalo je trouvais ça très classe.

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Comment la France a-t-elle parlé du Québec cette semaine? A vrai dire, les médias de l’Hexagone se sont peu intéressés à leurs cousins. Il fallait bien souffler un peu après avoir relaté, quelques semaines plus tôt, deux évènements décisifs pour l’avenir de la Province, à savoir les élections fédérales anticipées et l’indignation de Brigitte Bardot devant une fourrière de Montréal traitant les animaux comme des chiens.

Mais tant pis, c’est à présent l’Histoire de France qui s’invite au Québec, alors il faut y aller. Jean-Louis Borloo est en effet venu y trouver l’inspiration. Inspiration pour quoi d’ailleurs, on se le demande, vu qu’il répète à loisir qu’il n’est pas encore sûr-sûr d’être candidat, non-vraiment-n’insistez-pas-rien-n’est-décidé.

Si le non-candidat du Parti Radical a fait le déplacement dans la Belle Province, jadis peuplée d’Amérindiens, ce n’est pas uniquement parce qu’il se prend pour un Iroquois en quête de scalps UMP. C’était aussi dans le but d’observer un peu le système de santé Québécois. Mais à  tout hasard donc, n’allons surtout pas interpréter quoi que ce soit non-non-non.

Le modèle de santé Québécois est réputé dans le monde entier. Les Américains, lancés dans une réforme de leur propre système réduit au strict minimum, l’admirent depuis longtemps. En fait, les principaux mécontents de la Santé québécoise, ce sont… les expatriés tricolores! La Santé publique française reste la plus protectrice au monde. Au Québec, le système est partagé entre régime public (remboursement des actes médicaux nécessaires) et privé (remboursement des médicaments et du reste… à négocier avec l’employeur!). Certaines dépenses sont mal dédommagées, comme les frais dentaires ou d’optique (Johnny revient!). Et au Québec, trouver un médecin de famille relève du parcours du combattant, tant il y a pénurie de praticiens. Forcément, quand on est habitué à la sécurité sociale française, peu importe dans quel pays on émigre : le choc est rude!

Mais la visite de Borloo est symptomatique : cet écart entre la France et le reste du monde est en phase de se résorber… Les mesures prises depuis 10 ans diminuent les remboursements, les moyens et les effectifs, pour combler le déficit de la sécurité sociale. Bien qu’il ne soit pas candidat donc, le leader du Parti Radical est venu étudier des pistes pour réorganiser du système de santé français, attention-cela-ne-veut-rien-dire-du-tout. Il s’est focalisé en particulier sur la dépendance des personnes âgées, un domaine où il estime les Québécois en avance. « Tout le système du Québec c’est le soutien de l’autonomie, alors que notre système, beaucoup plus lourd et plus médical, c’est la prise en charge », a-t-il commenté.

Fort de tous ces éléments, ma conscience journalistique me pousse à vous livrer une information capitale à propos du destin de Jean-Louis Borloo. En dépit des pressions, il est grand temps de lever ce secret de polichinelle qui n’a que trop duré, tant pis pour mon avenir et celui de mes enfants : Jean-Louis Borloo compte se présenter aux prochaines élections générales et devenir 1er Ministre du Québec. You heard it here first.

Note pour moi-même : penser à rédiger un dossier comparatif des systèmes de santé québécois et français. Et bloquer 15 jours pour pouvoir le faire, parce que ça sent le sujet bien lourd quand même.

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