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Archive for 26 juin 2011

Les scientifiques pourraient se rendre utiles en trouvant un moyen de guérir le Sida, assainir l’atmosphère ou rendre Christophe Maé aphone. Au lieu de ça, ils préfèrent utiliser leur matériel de pointe pour s’adonner à des passe-temps amusants. Certains planchent sur l’invention de la langue commune chien-humain, d’autres rivalisent d’ingéniosité pour déterminer si, oui ou non, le Coca-Cola est un redoutable spermicide.

Récemment, la communauté scientifique s’est penchée sur un fleuron de la culture française, connue de Lutèce à Hochelaga : les 34 albums de bande dessinée Astérix et Obélix. Après des mois de labeur, cinq brillants chercheurs ont réuni l’ensemble de leurs confrères dans un amphithéâtre, se sont raclés la gorge et, la mine grave, ont déclamé en chœur:

« Nous avons dénombrés dans les 34 albums d’Astérix et Obélix 704 victimes de traumatismes crânio-cérébraux, dont 698 hommes et 6 femmes. 450 sont Romains (soit 63,9 % des cas), 120 Gaulois, 59 pirates, 20 Goths, 14 Normands, 8 Vikings, 6 Anglais et 4 extraterrestres. »

Contents de leur coup, et devant l’hilarité de l’assistance (les scientifiques aiment bien le second degré), ces spécialistes de la lésion cérébrale ont continué de détailler le fruit de leurs travaux. « Dans 90 % des cas, les blessures ont été provoquées par des coups donnés par des Gaulois généralement dopés à la potion magique. Les Romains sont tout de même à l’origine de 32 lésions cérébrales et, cas suffisamment rare pour être souligné, l’une d’elles a été infligée par un pirate ».

En utilisant des signes cliniques comme l’ecchymose à l’œil ou la paralysie du nerf hypoglosse (langue pendante), les chercheurs ont pu classer les blessures selon l’échelle de Glasgow qui indique l’état de conscience du patient : 390 cas sont graves, 89 modérés et 225 légers et aucun mort n’est à déplorer. Il faut dire que les Romains sont protégés par leur casque dans 70,5 % des cas, même si les pauvres légionnaires le perdent dans la majorité des situations.

Les chercheurs ont conclu leur présentation en levant un toast au génie humain, avant de déplorer toutefois la qualité du champagne servi.

Interrogé à la sortie du buffet, Karl Schaller, neurochirurgien de l’université de Genève, a tenu à apporter sa contribution à l’étude. « La fixation de la sangle du casque aurait dû être prise avec davantage de sérieux par les Romains », a-t-il noté, avant de saluer cette « étude stimulante ».

Français et Québécois seront certainement heureux d’en avoir tant appris sur ce monument de la culture francophone. Vivement l’étude linguistique des jurons du capitaine Haddock.

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