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Archive for juillet 2011

« Les mines du Nord, c’est l’avenir du pays ». Ceci aurait pu être un slogan de la France aux XIXème et XXème siècle, en plein age d’or de l’exploitation des bassins houillers du Nord-Pas-de-Calais et des environs.

Cela pourrait aussi être un slogan pour le Québec, mais de nos jours. Le 1er Ministre de la Province Jean Charest, en tout cas, y croit très fort. Le gouvernement a en effet lancé, en mai dernier, le Plan Nord, qui prévoit pas moins de 80 milliards de dollars canadiens investis dans les 25 prochaines années pour développer ce territoire. 47 milliards seront dédiés aux énergies renouvelables et 33 milliards au développement des infrastructures publiques. De quoi générer, selon le gouvernement, quelques 500 000 emplois durant ce lap de temps (20 000 par an). Gros secteur concerné: l’industrie minière, avec 11 projets différents qui serviront à exploiter des filons de cuivre, nickel, fer, or et diamant.

Vu de France, ce genre de mesure parait gigantesque, mais aussi très « rétro » – pour ne pas dire suranné. Miser sur les exploitations minières, aujourd’hui? L’Hexagone a pour ainsi dire fait deuil de cette industrie le 23 avril 2004, date de la fermeture de la dernière mine de charbon en Moselle.

Mais le territoire français est loin de ressembler au Québec. Compte-tenu de sa démographie et de son développement constant, la France et ses 65 millions de Français sont un peu à l’étroit dans leurs 675 000 km² de terres. Aujourd’hui, c’est bien simple: à part peut-être en montagne, il est impossible de mettre le pied dans un bout de terrain qui ne soit pas administré, exploité, ou qui appartienne déjà à quelqu’un. Pour rester dans le domaine de l’industrie minière, on peut considérer que le pays a fait le tour de ses gisements: rien de neuf à creuser.

Le Québec est bien différent. Avec son million et demi de kilomètres carrés, pour à peine 8 millions d’habitants, le territoire offre encore de nombreuses perspectives et ressources inexploitées. Quand le gouvernement québécois mise sur le Nord, il parle d’un territoire déserté, plus  grand que la France et la Belgique réunis pour 120 000 habitants. De l’or et du diamant? Il y en aura. Une sorte de Far West moderne, en moins chaotique tout de même!

Les perspectives économiques s’annoncent donc réjouissantes. Mais tout n’est pas si simple, et le Plan Nord est loin de faire l’unanimité. Le Parti Québécois (opposition) a critiqué le choix de prioriser l’industrie minière, pollueuse. Les Ecologistes  craignent une « ruée vers l’or » précipitée, sans véritable plan de sauvegarde d’un territoire quasi sacré : ce Nord représente un vaste poumon de nature sauvage, une denrée rare au cœur du monde occidental. Québec s’est pourtant engagé à veiller à la protection de l’environnement. 50% du territoire concerné par la Plan Nord devrait être consacré à des fins autres qu’industrielles, à la protection de l’environnement et à la sauvegarde de la biodiversité. On n’a que la parole de Jean Charest à se mettre sous la dent comme garantie, donc wait and see.

Les critiques se font entendre aussi du côté des peuples autochtones. Les Innus reprochent particulièrement au gouvernement québécois d’avoir pris une initiative de cette envergure sans avoir consulté les communautés qui vivent sur ces terres. « Ce n’est rien de moins que s’approprier notre territoire sans nous consulter, ce qui est contraire à ce que prévoit la Cour suprême », a notamment exprimé Raphaël Picard, chef de Pessamit. Des tractations sont en cours entre le gouvernement et les populations locales qui s’estiment délaissées et ne veulent plus voir le train du développement passer sans s’arrêter chez eux. D’autant que les communautés Inuits et les Cris sont, elles, belles et bien associées au projet.

Car les peuples autochtones voient dans ce plan Nord une sérieuse opportunité de sortir de la misère. Formation, emploi stable, perspectives de carrière… Les entreprises minières apportent ces mots d’espoir sur les territoires qu’ils comptent exploiter. Une entreprise comme New Millenium Iron compte embaucher le tiers de sa main d’œuvre dans la population locale (soit 250 personnes environ dans la région de Schefferville). Jusqu’à présent, les quelques intrusions de l’industrie minière au Nord se faisaient à l’aide d’employés recrutés à Montréal ou Québec, qui travaillent 20 jours sur place avant de rentrer 10 jours chez eux. Cette fois, la donne va changer pour les tribus locales, qui profiteront du développement économique amorcé sur leur territoire. Ce reportage de Monique Durand montre bien tout l’espoir que suscite cette arrivée industrielle massive, un espoir que la précarité sociale actuelle de ces communautés met d’autant plus en perspective.

Pour mieux connaître ce Grand Nord, mythique y compris pour la majorité des Québécois, les carnets de route de la journaliste offrent une magnifique entrée en matière.

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En lisant ce billet de Pierre Foglia, chroniqueur pour le quotidien québécois La Presse, un seul mot me vient à l’esprit : sacrilège! Rendez-vous compte : ledit chroniqueur ose y affirmer que le pain est meilleur au Québec qu’en France.

Mais on ne compare pas le pain français et le pain québécois voyons! Déjà, ils ne sont même pas fabriqués avec la même farine, donc ça n’a rien à voir. Au Canada, le blé qui est cultivé est sélectionné pour obtenir un pain plus tendre. En France, à mon grand désarroi, on préfère la baguette qui croustille.

Autre différence qui a son importance : le prix. La baguette coûte à peu près un euro en France, mais dépasse allègrement la barre des 2 dollars au Québec!

Pierre Foglia ne parle pas que de pain. Il décrit également les Français tels qu’il les a vu durant ces dernières semaines passées dans l’Hexagone. C’est donc intéressant, puisqu’il fallait bien parler, aussi, de cul et de vélo-Solex.

Il y a aussi cette remarque très juste qui synthétise bien, je trouve, la différence entre la langue française de France et celle du Québec: « les Français ne s’anglicisent pas, c’est très différent, ils colonisent des mots anglais. La structure de la langue n’en est pas du tout altérée. Tout le contraire de chez nous où on francise hystériquement dans un moule anglais ».

Heureusement pour lui kil na pa resu kelk sms lol, il n’oré pas ecris la maime choz je panse mdr

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Le défilé militaire du 14 juillet doit-il être remplacé par une cavalcade babacool? On se demande ce qui serait le plus effrayant pour tous ces terroristes qui cherchent à investir la France. Mais la question a été posée par la candidate Verte aux futures présidentielles Eva Joly. Au lieu de discuter du fond du sujet, le débat s’est tout de suite vautré dans le caniveau, les politiques de tout bord questionnant le patriotisme de l’écologiste à base de « rentre dans ton pays, sale norvégienne » (je caricature à peine). Du haut niveau. Cela donne au moins l’occasion de comparer les budgets Défense de la France et du Canada.

En France, les crédits alloués à la Défense dans le projet de loi de finances 2011 s’élèvent à 37,42 milliards d’euros, soit 13% du budget. C’est la deuxième mission de l’État la plus dotée, après l’Éducation Nationale (la troisième si l’on compte le remboursement de la dette). Des hausses sont prévues pour 2012 et 2013.

Au Canada, la Défense est une compétence exclusivement fédérale. Le budget de la défense s’élève à 21,3 milliards de dollars canadiens,(15,8 milliards d’euros) soit 8,6% des revenus budgétaires du pays. C’est le quatrième plus important domaine de dépense du gouvernement, après l’assurance-emploi et les pensions de vieillesse, le paiement de transfert aux provinces et le service de la dette. Depuis 2010, afin d’enrayer rapidement la dette, le gouvernement Harper s’est engagé à freiner la hausse du budget de l’armée. Cela permettra de réaliser, selon les prévisions fédérales, 1,6 milliard de dollars d’économies d’ici 2013‑2014.

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Le soccer, c’est un sport pour les gamins et les gonzesses.

Bon, si je m’arrête là, mon futur débarquement au Québec devrait inévitablement se solder par un accueil musclé de la part de toutes les associations féministes locales. A moins que des gangs de supporters français, dont la finesse d’esprit n’est plus à démontrer, me transforment en soupe avant le décollage. J’ai donc intérêt à développer, d’autant que je respecte les féministes.

Je dis ça parce que c’est comme ça qu’est perçu le soccer en Amérique du Nord. Je dis ça aussi parce que l’occasion s’y prête: le 30 juin dernier, le Canada et la France se sont tirées la bourre lors du mondial féminin de futebol (quand on parle soccer, il faut écrire un mot en brésilien. C’est comme ça, sinon vous n’êtes pas sérieux. Les clichés ont la vie dure dans ce sport, mais vous n’êtes pas obligé de danser la samba devant votre ordinateur). Cela a quelque peu surpris les experts, mais les Françaises n’ont fait qu’une bouchée des Canadiennes, 4-0.

En fait, rien de plus normal: en France, ce sport injuste où dominer l’adversaire ne veut rien dire, ou marquer un but relève du coup de chance (déviation hasardeuse, frappe dévissée…), ce jeu à base de simulations, de non respect des règles et de l’arbitre, encourageant les supporters à faire de même… ce sport donc, est roi.

Il est certes largement plus pratiqué par les p’tits gars: 2 millions de footballeurs français contre à peine 55,000 footballeuses. Le vivier pour développer du haut niveau n’est donc pas bien gros.

Malgré tout, la France a la « culture » soccer. Tout le monde sait vaguement à quoi ressemble un match de foot. Et n’importe quel sportif dans l’âme connaît le rôle d’un latéral défensif ou d’un milieu offensif. Ca aide pour démarrer. Et même si la médiatisation de l’équipe nationale féminine est bien moindre que celle des hommes, la situation pour les Bleues est idéale actuellement. Les téléspectateurs français ont bien du mal à oublier le désastre moral et sportif offert par l’équipe de France masculine en Afrique du Sud l’été dernier. Aussi, le fan moyen de sport tricolore a tendance, depuis un an, à tomber amoureux au moindre exploit un peu frais, porté par d’illustres inconnus dont les journaux s’empressent de montrer la simplicité et le goût de l’effort. Avec toujours, en sourdine, cette comparaison avec l’équipe de France masculine de foot:  « z’avez vu ces p’tits gars, eux au moins ils en veulent, ils sont pas gâtés-pourris comme les footeux millionnaires de l’équipe de France ».

Donc c’était pas de chance pour les joueuses de soccer du Canada: leurs adversaires françaises étaient en plus portées par un élan populaire. Un élan modeste certes, néanmoins largement au-dessus de ce qu’elles ont jamais pu obtenir jusqu’à présent. Les Bleues (et les nageurs français, et Christophe Lemaître…) peuvent dire merci à la grève du bus.

Les Canadiennes, plutôt ambitieuses au moment d’aborder le mondial féminin, peuvent d’autant plus se vexer de leur prestation qu’elles sont plutôt nombreuses à pratiquer la discipline. Le pays compte en effet plus de 377,000 joueuses (contre 500,000 joueurs environ). 7 fois plus qu’en France! Un sport de gonzesses je vous dis. Aïe, ne me tapez pas! Ce n’est pas ma faute si les filles représentent plus de 43% des joueurs au Canada, et près de 30% aux États-Unis, le pays des championnes du monde (qui compte carrément 5 millions de pratiquantes!).

Et puis, je charrie, mais soyons honnêtes: au Canada, le soccer attire surtout les enfants. Là-bas, 85% des footballeurs ont moins de 19 ans, 82% n’ont pas 17 ans. Bah oui, le ballon rond, c’est super pour les petiots. C’est tout bête, ça apprend la motricité, tout ça. Mais bon, en grandissant on finit par passer à des disciplines plus sérieuses, comme le hockey ou le football (le vrai, l’américain). Les 15% qui continuent à leur majorité sont, je ne sais pas moi, de grands enfants.

En France par contre, c’est dramatique, trop de sportifs continuent dans cette voie. En décortiquant les chiffres des licences 2010, on réalise avec effroi que 44% des joueurs amateurs sont majeurs et vaccinés (soit, selon mes habiles calculs, plus de 756 000 personnes!). Et le gouvernement ne fait rien, c’est un scandale. Résultat: on aboutit invariablement à des accidents du type Anelka ou Ribery, qui jouent encore au stade anal.

Bref, si la France a perdu 45-10 contre le Canada lors de la Coupe du Monde de football américain le 9 juillet dernier, c’est entièrement la faute des joueurs de soccer. Il est grand temps que nos sportifs quittent leurs parcs à jouets, laissent tomber les balles rebondissantes, et envisagent le plaquage et la passe vers l’avant comme la seule alternative sportive valable, à partir du moment où on sait faire pipi tout seul. Sinon on leur piquera leur goûter, ils feront moins les malins.

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Une différence entre le Québec et la France? Environ 99% des Québécois vont rigoler là-dessus, environ 99% des Français n’y comprendront rien…

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Nous sommes le 3 juillet, il est donc grand temps de parler du 1er juillet (je suis en retard si je veux). Cette date est en effet le moment qu’attendent moult Québécois pour perpétrer une curieuse coutume : déménager. Cette année, plus de 260 000 ménages ont forcé leurs amis à se lever tôt pour transporter le lit King Size par l’escalier en colimaçon (« mais comment on l’avait rentré celui-là? »), profitant de leur concentration extrême pour leur balancer une ou deux paires de bottes dans la figure. Rien qu’à Montréal, on a dénombré 87 000 (déménagements, pas les paires de bottes).

Bon, il n’y a rien de mal à déménager en soi. Mais c’est un peu bizarre d’attendre spécialement le 1er juillet pour s’y mettre, en rang d’oignons. C’est ce que je me suis dit, en bon Français qui déménage quand ça lui chante et se demande pourquoi tout le monde ne fait pas comme lui.

En fait, la Fête du Déménagement se fonde sur des raisons carrément politiques. En principe, le 1er juillet, c’est d’abord le Canada Day, l’équivalent du 14 juillet français. C’est un jour férié dans tout le pays donc.

Seulement, les Québécois célèbrent peu la fête nationale. Beaucoup se sentent, avant tout, Québécois. Pour eux, la fête nationale, c’est le 24 juin, jour où l’on célèbre la nation Québécoise. S’adonner aux joies du déménagement le 1er juillet, plutôt que de chanter l’hymne canadien la main sur le cœur, serait donc un moyen de manifester son indifférence à l’État Canadien.

Mais ce romantisme politique ne suffit pas à tout expliquer. Historiquement, depuis le XVIIIe, la coutume consistait plutôt à déménager le 1er mai. Une loi fixait d’ailleurs à cette date l’échéance uniforme des baux résidentiels. Et puis, en 1974, le gouvernement Québécois (fédéraliste de surcroit, donc très loin des idéaux indépendantistes de certains) annule cette loi. Et pour faciliter la transition, elle adopte des mesures qui prolongent les baux résidentiels en cours d’un mois, soit jusqu’au 30 juin.

C’est donc à cette époque que ces déménagements massifs ont été décalés au 1er juillet. Et il se trouve que ce jour arrange tout le monde : il est férié (Canada Day), l’année scolaire est terminée donc pas de problème de changement d’école… La coutume est donc restée.

Ceci dit, les Québécois restent libres de déménager en plein hiver sous 40 centimètres de neige. Mais pour une raison inconnue, ça n’est pas très courant.

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Évidemment, quand on est sur le point de s’expatrier au Québec (comme moi), on se renseigne. Du coup, après quelques recherches, et parce que j’aime bien ce genre d’esprit, j’ai soigneusement calé dans Mes Favoris ce billet d’un immigré français à Montréal. Il explique, a contrario, comment foirer de A à Z son intégration. C’est très drôle, bien écrit, plein de bon sens, et tous les défauts rédhibitoires sont passés en revue: s’habiller d’un ego surdimensionné, refuser les jobs sous-qualifiés,  s’arcbouter sur les produits français et ne surtout pas s’adapter au mode de vie local, sans oublier de bien détester la France et de se brouiller avec tout le monde, histoire que le retour au bercail soit lui-aussi un naufrage intégral…

J’avais juste envie de vous faire découvrir le blog de ce maudit français. Pour info, « maudits français » c’est le surnom que les Québécois attribuent aux petits frenchies qui débarquent dans leur province plein de certitudes, avec une arrogance et une capacité à tout critiquer légendaires.

Il est marrant ce maudit français. A le lire, il a tous les défauts tricolores, voire même d’autres: cynique, râleur, radin, macho, un brin mythomane… Pourtant, pas de doute, il est parfaitement à l’aise dans son nouveau pays. Vu que les Québécois sont réputés pour leur sens de l’auto-dérision, je dirais que ce maudit français a tout compris… Enfin j’espère. Il est dans Mes Favoris tout de même!

Comment rater à 100% son immigration au Québec

Le blog du maudit français

Le genre de Français qui aura du mal à s’intégrer, dessiné par ce monsieur

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