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Archive for novembre 2011

Il y a des signes qui ne trompent pas. Le Parti Libéral Québécois, celui du Premier Ministre Jean Charest, vient de lancer une campagne publicitaire télévisée pour promouvoir son fameux Plan Nord. C’est un signe disais-je, mais un signe de quoi? Comme souvent quand un gouvernement se lance dans la réclame pour vendre son produit, cela veut dire que le sujet est chaud et, surtout, casse-gueule.

J’en avais déjà causé dans un précédent billet, mais rappelons tout de même en quoi consiste ce plan Nord: il s’agit d’un énorme investissement de 80 milliards sur 25 ans, générant 500.000 emplois (petite laine offerte), pour développer une région quasiment désertée du Québec, grande comme 2 fois la France, riche en or, diamant, fer, zinc et autres ressources.

Outre des enjeux économiques évidents, se dressent aussi des enjeux écologiques (quid de la protection de ce poumon vert mondial face au forage et à la déforestation?) et sociaux. Voici les principaux débats du moment.

Les Québécois profiteront-ils de la manne économique? Raymond Bachand, le Ministre des Finances, vient de relever le taux des redevances sur les profits des sociétés minières exploitantes. Au lieu de 12%, ce sera 16% de leurs profits qu’elles devront reverser au Québec. Un minimum pour l’ancien Ministre Jacques Parizeau, qui estime que cette hausse met simplement fin à « une situation scandaleuse ». Selon lui, il faudrait également envisager une participation au capital de ces sociétés. D’autant que c’est également le gouvernement qui paiera l’immense majorité des infrastructures à aménager. Prenons le gigantesque projet de mine de fer du Lac Otelnuk, au Nunavik (je cite cette chronique de Sophie Cousineau): « Avec un investissement estimé à 13 milliards de dollars, ce complexe minier deviendrait le plus important centre de production du Canada, tous métaux confondus. Cette coentreprise du producteur d’acier chinois Wisco (60%) et de la société canadienne Adriana Resources (40%) exige l’aménagement de 815 kilomètres de voies ferroviaires. Il nécessite aussi l’agrandissement du port de Sept-Îles, pour que celui-ci puisse accueillir d’immenses vraquiers chinois. Entre autres! » Bref, si le Québec ne prend pas des mesures pour obtenir du retour sur investissement, le Nord du territoire sera instantanément promu « open bar préféré des sociétés minières ».

Quel sera le modèle de développement social pour le Nord? Les territoires du Nord sont habités par 120.000 habitants (120.000 « âmes », comme on adore l’écrire dans la presse locale en France). Sur une terre grande comme la France et la Belgique, c’est peu. L’invasion de projets miniers sera-t-il l’occasion de créer de nouveaux villages, qui deviendront éventuellement des villes, autour des chantiers? Ou verra-t-on, au contraire, les sociétés embaucher des travailleurs volants, venant 2 mois sur place avant de repartir chez eux pour de larges plages de vacances? Le gouvernement n’a pas encore exprimé sa position au sujet de ce développement sociétal. C’est pourtant une question fondamentale, dont les problématiques s’imposeront d’elles-mêmes. Les travailleurs volants seront confrontés à la difficulté d’une séparation familiale. Dans le cas d’une politique de sédentarisation des travailleurs, il s’agira d’investir afin d’offrir les services nécessaires, afin d’éviter le sentiment d’isolement. Ah oui, et il faudra mettre le paquet sur le chauffage aussi! Cette question du développement est reliée à un deuxième enjeu, plus local:

Dans quelle mesure les populations autochtones seront-elles associées à ce projet? La plupart des 120.000 habitants du Nord du Québec sont issus des 10 nations Amérindiennes et de la nation Inuit. De tout le Québec, ce sont les plus touchées par la misère sociale. Les entreprises seront tenues de jouer le jeu et de les impliquer. Seront-elles forcées, par obligation légale, d’embaucher un certain nombre de locaux? Certainement, vu que le pourcentage de cette discrimination positive est un élément négocié par le gouvernement Charest auprès des populations locales, pour leur faire accepter le Plan Nord. Mais elles en seront également tenues par pragmatisme. Les Autochtones devront être convaincus du bienfait de la présence de sociétés étrangères venant exploiter les ressources naturelles situées sur leur territoire. Leurs réticences paraitraient logiques s’ils ne bénéficiaient pas d’une part du gâteau! Afin d’obtenir un compromis, le 1er Ministre négocie depuis plusieurs mois avec les différentes nations. Au sujet de la part de travail qui leur sera réservée, mais aussi à propos de l’aide financière qui leur sera allouée. Jean Charest ne fait pas l’unanimité: le chef des Innus Raphaël Picard vient d’annoncer qu’il partira en croisade mondiale contre ce plan Nord. Charest lui a proposé 350 millions d’aide, lui en demande carrément 5 milliards (et même 11 milliards en mai dernier!). Je ne connais pas assez l’économie québécoise pour donner raison à l’un ou à l’autre, mais une chose est sûre: là, il y en a un qui essaye d’entuber l’autre.

L’écosystème sera-t-il protégé? Des déclarations fluctuantes du Premier Ministre ont rendu sceptiques, pour ne pas dire hostiles, les écologistes. Jean Charest avait initialement garanti, en février dernier, de protéger 50% de la forêt boréale de toute activité industrielle. Mais il a peiné à dévoiler par la suite des mesures plus concrètes pour réaliser ce projet. Plus tard, en octobre, il est revenu sur sa promesse en admettant que cette protection n’exclurait pas les activités d’exploitation forestière. Bref, tout est encore bien flou, et surtout rien n’est gravé sur le marbre.

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Un Homme ne s’accomplit que dans les grands moments de bravoure. C’est lorsqu’il triomphe de ces instants où l’ampleur du péril le dispute à la violence de l’affrontement, que l’Homme, en dépit du courroux prédateur dont il s’est paré durant la bataille, dessine sur son visage dément un sourire redoutable, car il sait qu’il vient de passer le grand test de la Vie. Ce moment qui définit une existence et l’arrache au désespoir d’un destin vain, je l’ai vécu mardi, à Montréal. Lorsque tout était fini, tandis que les épreuves gisaient derrière moi, vaincues par la seule force de ma furieuse volonté, j’ai senti la beauté de mon geste (beauté qui le dispute à sa charité) élever mon âme. Alors, chassant les légions de la folie venues me hanter l’esprit, j’ai rejeté ma tête en arrière, et j’ai ri. J’ai ri d’un rire tonitruant, ancestral, conquérant, ignorant le regard des autres et le bien-être de leurs oreilles. J’étais le Maître. Je venais de réaliser un exploit digne de louanges.

J’étais parvenu à voir un médecin.

On ne mesure pas bien, depuis la France, la difficulté de l’opération. C’était pour mon fils (car la beauté du geste le dispute à la charité). Rien de grave, mais à 3 ans, je préfère le faire suivre (il ne se plaint jamais: la dernière fois qu’on lui a trouvé une otite, il avait déjà passé tout l’hiver avec).

Au Québec, pour voir un médecin, on passe par un CLSC, un Centre Local des Services Communautaires. C’est une sorte de maison de la santé que l’on trouve un peu partout dans les quartiers, avec infirmières, médecins… Vu qu’à Montréal on a plus de chances de trouver une forêt de cocotiers qu’un médecin de famille attitré, c’est l’endroit conseillé, tant qu’il n’y a pas besoin d’un traitement en urgence à l’hôpital. Mais mieux vaut ne pas être pressé, et avoir un gros bouquin.

Ma quête commence au CLSC le plus proche de chez moi. Il ouvre à 8h. J’arrive avec mon fils à 8h15. Nous sommes refusés. « Trop de monde », nous explique-t-on à l’accueil. « Il y a déjà plus de 40 patients sur la liste d’attente, on n’en prendra plus aujourd’hui ». Pas de chance. On m’avait prévenu de ces fameuses files d’attente qui se remplissaient vite, mais je me suis malgré tout fait surprendre. Pas grave, la secrétaire m’offre gentiment la liste des CLSC les plus proches. En avant.

Deuxième CLSC: ah non, le mardi c’est que sur rendez-vous. Au revoir.

C’est à notre quatrième tentative que nous trouvons une clinique qui, devant ma mine suppliante, accepte de nous accueillir. Joie, triomphe! « Prenez un ticket, on vous appellera ». Je m’assois, mon fils sur les genoux, un peu honteux de notre bonne santé, au milieu d’un zombie en phase terminale et d’une tempête de mucus ambulante.

Au bout d’un moment, la secrétaire appelle « lenuméroquarantehuiiiiiit! ». C’est notre tour. Voilà qui tombe bien, je venais juste d’achever la lecture de « Blagues de comptable, volume 1« .

Nous nous transportons devant la secrétaire. « Veuillez remplir ce formulaire, et on vous appellera« . Ah bon, ce n’est pas vraiment à nous en fin de compte? Pour l’instant nous devons seulement nous inscrire sur la véritable liste d’attente, la première étant vraisemblablement un leurre destiné à coincer les VRP. Je remplis également un formulaire où je décris notamment la raison de ma venue (j’aimerais bien prendre un rendez-vous avec un pédiatre quoi), et on attend à nouveau. Il est 10h30, et je me rends compte que je n’ai pas le volume 2. « Vous allez d’abord voir l’infirmière. Puis vous aurez un rendez-vous avec un médecin, qui verra votre enfant et vous prescrira un pédiatre », égrène la secrétaire. Les voies du protocole sont impénétrables partout dans le monde civilisé (« civilisé » signifiant, bien souvent, « où il est nécessaire de s’inscrire au bureau 300, n’oubliez pas le formulaire rempli et signé »).

La secrétaire nous précise, au cas où nous serions impatients (alors que nous sommes 2), que l’infirmière ne nous prendra pas avant 11h30.

Comme prévu, l’infirmière nous appelle à midi pile. Elle prend la taille et le poids de mon fils, pose quelques questions sur son évolution, puis me renvoie à un médecin. Que l’on ne verra pas avant 14h.

Et quand on dit « pas avant », cela veut plutôt dire 15h. Heureusement que notre pitchoun est (comme souvent) de bonne humeur. J’ai vu des gamins qui auraient eu le temps de provoquer une avalanche dans les Appalaches durant tout ce temps. Lorsque le médecin clame notre nom (de travers), nous nous rendons dans son cabinet. Plus personne à l’intérieur. Le bougre s’est enfui par une porte dérobée. Il nous a fait rentrer mais est encore occupé ailleurs. Je détecte là-dedans une tactique psychologique visant à maintenir notre espoir éveillé. Je détecte aussi une chaise vide. Au bout de quelques minutes, mis en confiance par l’absence évidente de tout postérieur étranger au mien dans les parages, je m’y assois.

Bien sûr, c’est le moment que choisit le docteur pour apparaître comme une tornade, faisant glisser la porte arrière d’une poussée agacée et me saluant d’un « ah, je crois que vous êtes sur ma chaise. Vous pouvez vous asseoir sur le tabouret sous la table« . Aussi compatissant que le Docteur House, mais avec l’intention manifeste de se débarrasser de notre cas avant la fin de l’épisode, le monsieur parle vite. Il est pressé. « Qu’est-ce qu’il a votre fils? » me lance-t-il.

Un peu déstabilisé, j’admets ne pas avoir formulé la meilleure réponse possible. « Hé bien voilà, euh…

– Ok ok. Il a vu un pédiatre depuis que vous êtes arrivés au Québec? coupe le docteur, peu enclin à se laisser intimider par des concepts arrivistes tel que « l’écoute des patients ».

– Non justement. On se demandait si…

– Pas suivi par quelqu’un en France?

– Non, enfin de temps en t…

– Examiné les oreilles?

Pressé de toute part, un espoir illumine mon regard. Je peux reprendre l’avantage sur cette question.

– Alors oui, il y a pas l…

– Il y a pas longtemps quand? » enchaîne le médecin, imperturbable. Il est généraliste, mais a une spécialité: poser une question dont la réponse est contenue dans la phrase qu’il vient de couper. Il n’a jamais vraiment dit « hop hop hop« , mais j’avais l’impression que l’expression ponctuait chacune de ses phrases.

Il est clair que les médecins sont débordés ici. C’est un vrai problème local: le Québec manque de médecins généralistes, une branche professionnelle méprisée des étudiants. Du coup, dans l’agglomération de Montréal, rares sont les élus à disposer d’un médecin de famille, capable d’offrir un rendez-vous dans un délai rapide – mettons avant la guérison naturelle ou la mort. « Moi il m’a fallu 20 ans pour en avoir un », m’avait cordialement assuré un agent de l’immigration il y a 15 jours, lors d’une séance d’information fort instructive.

Le médecin est pressé, mais il a le mérite d’aller droit au but. Et lorsque nous sortons de la clinique à 15h30, je peux fièrement brandir un précieux sésame. Mission accomplie. La beauté du geste le dispute au courage de l’entreprise. J’observe le manuscrit. Après tant d’effort, je m’attendais à un parchemin scellé à la cire rouge, mais il ne s’agit que d’un petit bout de papier ridicule qui ressemble à ma dernière liste des courses.Il a néanmoins de l’importance: c’est un référencé. Une recommandation vers un pédiatre. L’équivalent d’une prescription en France. Comme dans l’Hexagone, il faut d’abord consulter un généraliste avant de toquer chez le spécialiste.

De retour à la maison, et un bon coup de fil plus tard, le rendez-vous est pris. Un pédiatre verra notre fils… le 12 décembre. Faut pas se plaindre. Juste avant de nous congédier, le généraliste nous avait expliqué qu’obtenir un rendez-vous chez le pédiatre pouvait prendre jusqu’à 2 ans. « Très long. N’attendez pas. Au revoir ».

Au revoir alors.

C’est vous qui osez me faire perdre mon temps?

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Oui, la France a peur, et ce n’est pas fini.

Tout commence le 12 novembre. Le Nouvel Obs relève une info inquiétante:

« Un quadragénaire mortellement poignardé à Massy.

Un homme de 46 ans est mort vendredi après-midi après avoir été poignardé à proximité de son domicile à Massy (Essonne), a-t-on appris samedi de sources concordantes, confirmant une information du Parisien. »

 

2 jours plus tard, ce 14 novembre, le pays n’est plus sûr. Lu sur le Figaro:

« Nord: un père s’attaque à son fils

Un père s’est attaqué à son fils à coups de marteau, puis en lui tirant une balle dans l’épaule, hier soir à Vendeville, au sud de Lille, a-t-on appris lundi de source policière. »

 

Ce n’est pas tout. Le même jour, c’est toute la Bretagne qui est en émoi.

« Melgven. Un jeune homme de 19 ans blessé à l’arme blanche

Un jeune homme de 19 ans, originaire de Quimper, a été retrouvé poignardé dimanche matin sur un parking à Melgven. L’auteur présumé a été interpellé dimanche en soirée par la gendarmerie. »

 

Le Parisien n’est pas en reste:

« Besançon: le patron d’un café poignardé à mort.

Macabre découverte à Besançon. Le corps d’un homme, propriétaire d’un café situé dans le centre-ville, a été retrouvé lardé de plusieurs coups de couteau, lundi à son domicile. »

 

Enfin (j’arrête là, tout ceci est insoutenable), sur LCI/TF1, c’est l’autorité publique qui est menacée:

Un gardien de la paix tué par balles.

Un homme a été tué d’une balle en plein coeur à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis dans la nuit de dimanche à lundi, révèle lundi Le Parisien.

 

On va encore me dire que je suis parano, mais… y’aurait pas une présidentielle qui approche?

Quelque chose me dit que d’ici quelques mois, on aura droit aussi à des témoignages ayant aperçu l’auteur présumé… avec des cheveux bizarres, une couleur singulière, des habits pas corrects, voire même, même, une casquette.

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Photo André Pichette, La Presse

  • Je pense qu’on nous vend des salades quand on nous dit, à nous autres les Français révolutionnaires, que nous sommes les champions du monde de la manifestation, les seuls à descendre dans la rue pour se plaindre du bruit de la chasse d’eau, etc. Depuis que je suis arrivé à Montréal, il y a un mois, il ne se passe pas une semaine sans défilé en centre ville. Samedi dernier, la communauté congolaise arpentait la rue Sainte-Catherine pour dénoncer les violences et l’exploitation de leur pays, dans l’indifférence générale. Depuis le 14 octobre, au Square Victoria de Montréal, ou place Saint-Roch à Québec, d’importants collectifs d’Indignés, tels qu’on en voit un peu partout aux Etats-Unis, au Canada ou en France cet été (ici à Bayonne), ont investi de grandes artères municipales et se préparent à camper pour l’hiver. Ils militent pour une répartition des richesses plus équitable, et un monde meilleur en général (ce qui est toujours mieux que de militer pour un monde pire). Un campement de 400 personnes logés dans des yourtes ou des tipis, en plein coeur du quartier d’affaires, ça se remarque croyez-moi. Ce jeudi 10 novembre, 200.000 étudiants canadiens ont refusé d’aller en cours, et 30.000 ont marché dans les rues de Montréal pour protester contre la hausse annoncée des frais de scolarité (+1625$ dans 5 ans quand même). Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne cause de toutes ces protestations. Bref, faut pas croire: de l’autre côté de l’Atlantique (oui, dans l’antre du capitalisme), ça sort, ça crie, ça brandit des panneaux bardés de messages revendicatifs. Et encore, je ne vous ai même pas parlé de la marche des zombies du 22 octobre dernier.

Contrairement aux apparences, cette photo n’a pas été prise au sommet du G20, mais bien à la Zombie Walk de Montréal. Elle est signée Cyrielle Beaubois. Cliquez ici pour en voir d’autres!

 

 

  • Je pense que je serai déçu si Silvio Berlusconi démissionne effectivement la semaine prochaine. Le Cavaliere méritait d’être sanctionné pour l’ensemble de son oeuvre scandaleuse: affaires sexuelles, politiques, de corruption ou d’abus de pouvoir. Au lieu de ça, le bougre a trouvé là le moyen de partir sur une note plutôt digne. Le budget de son gouvernement pour l’année 2010 a été en effet récemment validé par 308 voix pour, 0 contre, mais 321 abstentions. Autant dire qu’il n’a plus la confiance de la majorité de ses députés. Le chef du gouvernement italien a déclaré avoir « bien compris les implications de ce vote« . Et d’ajouter, la main sur le coeur: « savoir qui dirige ou ne dirige pas le gouvernement est moins important que faire ce qu’il faut pour le pays ». Il démissionnera donc après le vote par le Parlement, prévu la semaine prochaine, des réformes économiques réclamées par l’Union européenne. Un finish honnête et désintéressé: de la part de Berlusconi, c’est très fort!
  • Je pense avoir deux défis à relever pour réussir mon immigration au Québec: encaisser les 6 mois d’hiver, et supporter la cavalerie d’héritiers de Céline Dion et autres Garou, chanteurs et chanteuses tous plus mièvres les uns que les autres, avec parfois une étonnante capacité à briser les fenêtres par la seule force de la voix.  L’ADISQ, l’industrie du disque locale, se plaint autant du piratage que les majors françaises. Selon une étude de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, la musique québécoise représente 51% des téléchargements des usagers québécois, alors qu’elle ne représente que 21% du contenu disponible en peer-to-peer. « Il faut acheter les albums des artistes québécois. Il faut les encourager », dit l’ADISQ. Mais ça va pas??? Si on les encourage, ils n’arrêteront jamais!
  • Je pense, à propos de l’industrie du disque qui attribue sans arrêt la baisse de ses chiffres au piratage, qu’il faut aussi prendre en compte un paramètre manifestement inconnu des des marketeux: le porte-monnaie des consommateurs n’est pas extensible. Les chutes des ventes de disque correspondent peut-être à la démocratisation de l’internet haut débit. Je pense surtout qu’elles correspondent à l’explosion du marché du DVD (puis Blue Ray), pis des téléviseurs HD, pis des consoles et de leurs jeux hors de prix, pis du manga, pis de la hausse du coût des tickets de cinéma, bref, du loisir culturel. Les gens aimeraient bien tout acheter ma p’tite dame, mais ils peuvent pas. Alors ils choisissent. L’industrie du CD n’a pas été victime du piratage: elle a été victime de la concurrence. Fallait être plus attractif aussi, et au lieu d’attendre le déluge pour faire évoluer le produit!

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  •  Je pense que la personne des services d’immigration qui a dirigé ma séance d’information la semaine dernière, a obtenu son petit effet avec cette déclaration: « ici, les policiers ont un baccalauréat en sociologie ou psychologie (équivalent d’une licence en France, NDR). Vous pouvez leur parler! » Bon, moi en revanche, ce que j’aime chez les flics du coin, c’est quand ils débarquent au Dunkin’ Donut, gilet pare-balle sur le corps, arme à la ceinture, et achètent des beignets. Ça me rassure. En France, j’ai vu passer plus d’un policier au Mac Do, mais ils restaient dans la voiture et commandaient au Drive (au Québec on dit « service au volant »). Voilà ce qui arrive, Monsieur Sarkozy, lorsqu’on abandonne le concept de police de proximité.
  • Je pense n’avoir jamais vu un dentiste payer pour se faire une petite dent. Ben au Canada, ça y est, c’est arrivé. Un dentiste de la province de l’Alberta s’est délesté de 31.000 dollars pour s’offrir un nouveau joujou à gratter. Ne regrettez pas d’avoir confié les vôtres à la petite souris: la molaire venait de la gencive de John Lenon. Je ne sais pas ce qui m’étonne le plus dans cette nouvelle (qui, vous l’admettrez, secoue la planète Infos): la hauteur des enchères, ou le fait que l’ex-Beatles avait décidé à l’époque d’offrir une dent à la femme de ménage. Personnellement, j’ai un bout d’émail qui a sauté un jour. Croyez-le ou pas, il ne m’est pas venu à l’esprit de le retrouver pour en faire cadeau à un inconnu. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais percé dans la chanson.

  • Je pense que cela fait 30 ans que la France et le Canada ne gère pas leur dette publique de la même façon. La France « culmine » à plus de 1600 milliards d’euros de dette, soit 2200 milliards de dollars canadiens. Au Canada, c’est 560 milliards de dollars canadiens (400 milliards d’euros). 4 fois moins. Les membres du gouvernement canadien ne sont  pourtant pas en train de sabrer le champagne dans des chalets en diamant. La prudence reste de mise. Le Canada a gagné une réputation d’excellent gestionnaire de dette, après avoir fait passer la sienne de 68.4% à 38.7% du PIB entre 1994 et 2004. Forcément, quand l’Etat dépense moins (plans d’austérité à gogo) et que l’argent rentre davantage (bonne croissance), le taux de la dette s’améliore. Logique. Mais avec la dernière crise économique mondiale, ce chiffre est remonté à 85.5% du PIB en 2011. Ben oui, disparue la bonne croissance, donc moins d’argent dans les caisses publiques (via impôts et taxes), donc solde budgétaire négatif tous les ans depuis 2008. Donc dette publique en hausse. Ah, c’est lié, c’est vicieux!

Au vu des perspectives de croissance économique et de la politique de réduction des dépenses publiques, le Ministre des Finances du Canada vient de reporter d’un an sa prévision de retour à l’équilibre budgétaire (annuel donc). Il l’avait annoncée pour 2014-2015 initialement.

En France, un retour si rapide à l’équilibre budgétaire aurait de quoi faire rêver. Ce tableau interactif montre que depuis 1978 (les chiffres ne vont pas au-delà), les gouvernements successifs ont été incapables de boucler un budget positif. Et c’est pas demain la veille. Les dépenses publiques ont toujours été plus importantes qu’ailleurs. Les recettes aussi, via les impôts et taxes qui permettent la redistribution. Mais comme la croissance est morne, les salaires stagnent (tout comme la recette des impôts sur le revenu donc), la consommation stagne (tout comme les recettes de la TVA). Bref, les rentrées d’argent ne compensent pas. Du coup, la dette s’accumule. Le Canada est monté à 85% du PIB? En France, c’est pire: 97% cette année. Le gouvernement ne parvient pas à tirer la croissance vers le haut (par manque de maîtrise ou par incompétence, selon le point de vue). Et voilà le Premier Ministre Fillon présente un plan d’austérité pour réduire les dépenses de l’État et augmenter la TVA. Ce qui m’amène à la pensée suivante…

  • Je pense que le nouveau plan d’austérité présenté par François Fillon, en France, n’a pas fini de plomber l’UMP dans l’optique des présidentielles 2012. Le Premier Ministre vient à peine d’annoncer la nouvelle, à base de hausse de la TVA dans la restauration et les services, et d’accélération de la réforme des retraites. Et voilà que rejaillit sur facebook un cas d’école dans le genre « méga casserole »: François Fillon se baladait en avion militaire pour rentrer chez lui, à 27.000 euros le trajet. C’est vieux pourtant, la news date de février dernier. Mais c’est symptomatique justement. La panier à griefs n’est plus percé, les boulettes ne sont plus oubliées au fil du temps. Ça déborde, ça remue, et à la moindre secousse, y’en a une qui ressort.

  En plus, l’intérêt d’augmenter la TVA reste à discuter. Cela ne va pas créer de richesse. Simplement, une plus grande part des richesses existantes finiront dans les caisses de l’Etat. Mais s’il reste moins d’argent aux salariés parce que les prix augmentent, ils vont moins consommer. Du coup, au final, les recettes de la TVA vont baisser aussi. Le serpent se mord la queue. Autant dire que je n’aimerais pas être à sa place.



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