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Archive for février 2012

Note: ceci est le troisième d’une série de récits regroupés dans la rubrique Nouvelle-France. Ils racontent ce temps ou l’Amérique était française, une époque aussi fascinante que négligée des cours d’histoire. Le Québec puise ses racines et son héritage francophone dans cette période. Vous découvrirez des personnages extraordinaires, des anecdotes invraisemblables et de grands moments d’Histoire, tirés d’une époque où le rêve américain se conjuguait en français. Voici aujourd’hui l’histoire de Madeleine de Verchères. À 14 ans, cette jeune femme qui n’avait pas froid aux yeux prit le commandement du Fort de Verchères et le défendit victorieusement pendant huit jours contre une invasion d’Iroquois.

Pied de cochon, Marie-Madeleine, pied de cochon, Marie Madelon. Votre air coupable ne ment pas: oui, vous vous souvenez de cette soirée où vous aviez trop bu, et où vous aviez commis l’erreur artistique d’entonner cette chanson paillarde. Sachez tout d’abord que l’alcool ne justifie pas tout, et surtout pas un timbre de voix plus saturé que le cri du gorille en rut. Mais il vous reste une chance d’obtenir le pardon: prétexter l’hommage historique. Car Marie-Madeleine Jarret de Verchères, dite « Madelon », est une haute figure de l’histoire de la Nouvelle France, voire de la mythologie québécoise. En France, nul ne le sait (c’est ce qui arrive quand on boit trop). Il est donc grand temps d’enfiler mon costume de troubadour et vous conter l’incroyable histoire de cette jeune fille, héroïne au Québec et figure commémorative des poivrots de l’hexagone. Santé.

Marie-Madeleine Jarret de Verchères naquit le 3 mars 1678 à Verchères, un peu au nord de Montréal, sur la berge est du fleuve Saint-Laurent. Sa famille lui donna le sobriquet de « Madelon » (s’ils avaient su…). Quatrième de douze enfants, son éducation annonçait les exploits à venir. Son père, François-Xavier Jarret, lui enseigna l’art du tir au mousquet.

Les armes à feu n’étaient pas inutiles, car les Iroquois recommençaient à marauder dans la région. Et ne surnommait-on pas Verchères « Le château dangereux »? Il était en effet l’un des plus exposés du pays à cause de la proximité de la rivière Richelieu, dite aussi « des Iroquois ». Ce redoutable ennemi, en guerre contre les Français, empruntait régulièrement cette rivière pour pénétrer dans la colonie. Savoir manier le mousquet nécessitait plusieurs mois d’entraînement.  Cependant, Madeleine était habile, et elle aimait aller à la chasse avec sa famille.

La mère de Madeleine, Marie Perrot, lui apprit pour sa part à lire et à écrire. Mais c’est en 1690 qu’elle lui offrit une véritable leçon de bravoure. Ayant à peine fêté ses 12 ans, Madelon vit sa mère repousser une attaque des Iroquois qui tentaient d’escalader les palissades. Après un combat qui dura quarante-huit heures, elle fit battre les agresseurs en retraite, accompagnée de trois ou quatre hommes à peine.

Les Iroquois donnent l’assaut

Deux ans plus tard, Madeleine allait perpétuer la tradition familiale avec panache. Le matin du 22 octobre 1692, elle travaillait dans les champs. Sa mère était partie à Montréal et son père était à Québec. C’est le moment que choisit une troupe d’Iroquois, toujours en guerre contre les Français, pour attaquer.

45 guerriers jaillirent du bois et se saisirent de vingt personnes qui travaillaient hors du fort. Un Iroquois poursuivit Madeleine. Il attrapa son mouchoir, mais elle réussit à l’ôter et se glissa à l’intérieur du fort. Madeleine donna l’alerte. « Aux armes! Aux armes! » S’emparant théâtralement du chapeau d’un soldat, elle monta en haut des barricades et tira un coup de fusil, pour avertir les forts autour de Verchères.

L’édifice fut bientôt encerclé par les guerriers Iroquois. À l’intérieur, Madeleine prit les choses en main. Avec un aplomb peu commun, elle ordonna aux femmes et aux enfants de se taire et de pleurer en silence. Elle n’avait que 14 ans, mais n’avait jamais autant ressemblé à sa mère qu’à ce moment. Elle était partout à la fois et commandait le respect. Elle cachait ses cheveux sous une coiffe de soldat et donnait des ordres aux préposés à la défense… Autant dire une maigre troupe: ses deux jeunes frères âgés de douze ans, son domestique, un vieillard âgé de quatre-vingts ans et deux soldats, dont un aux tendances suicidaires. De quoi pousser à sortir le drapeau blanc! Elle empêcha un soldat désespéré d’utiliser un baril de poudre pour faire sauter tout le monde et éviter d’être pris.

La ruse de Madeleine

Le fort manquait cruellement d’effectif pour assurer une défense digne de ce nom, c’est le cas de le dire. Mais Madeleine se rendit compte que les Iroquois n’en savaient rien. Elle conçut un plan ingénieux pour tirer parti de ce petit avantage. Afin de persuader l’ennemi que le bâtiment était rempli de soldats, elle tira avec ses frères des coups de fusils et de canons à partir de différents endroits dans le fort. Pour renforcer l’illusion, elle encouragea les réfugiés à frapper dans des chaudrons ou faire résonner tout ce qui était bruyant.

Le ciel, noir comme le charbon, crachait de la grêle. Le soir venu, le bétail revint. Madeleine tenait à les faire rentrer, mais se méfiait terriblement d’une sournoiserie ennemie, un cheval de Troie à la façon Iroquoise. Elle laissa finalement entrer les animaux, non sans vérifier scrupuleusement qu’aucun guerrier n’était caché dans le troupeau, dissimulé sous une peau de bête. Il n’y en avait pas. Mais la guerre psychologique commençait. Cette nuit-là, personne ne dormit. Madelon raconta plus tard: « Je puis dire que je fus deux fois vingt-quatre heures sans dormir ni manger. Je n’entrai pas une seule fois dans la maison de mon père; je me tenais sur le bastion ».

Les Iroquois restèrent à l’affût durant plusieurs jours. Mais ils ne tentèrent jamais de passer en force, persuadés que le fort était bien gardé. Le subterfuge de Madeleine fonctionnait! Au bout de huit jours, des renforts arrivèrent de Montréal. Les Iroquois prirent la poudre d’escampette, mais furent rattrapés par les soldats. Éreintée, Madeleine dit au lieutenant,  « Monsieur, à vous je rends mes armes. »  Le fort était sauvé.
Ses parents revinrent peu après, et la nouvelle de son exploit se répandit partout dans la colonie. Madeleine consigna elle-même le récit de ce haut fait d’armes par écrit à huit heures du matin, le 22 octobre 1699. L’enseignement de sa mère lui servit jusqu’au bout. C’est ce texte qui permet aujourd’hui de reconstituer l’aventure de Madeleine, étonnante jeune fille de 14 ans qui tint tête à un groupe de 45 guerriers Iroquois.

Aucune information n’a filtré sur la forme de ses mollets ou d’autres parties de son anatomie, pourtant fort détaillée de nos jours vers les 3h du matin.

Mythe ou réalité?
Le récit de ce siège de huit jours a été mis à mal, de nos jours, par l’historien Marcel Trudel, qui en relève plusieurs invraisemblances. Trudel soutient que le récit l’événement, qui a eu cours en 1692, fut embelli par Madeleine de Verchères elle-même et un romancier. Il affirme qu’elle fut « la créatrice de sa propre légende » car pour Trudel, l’action de Madelon, « telle qu’elle la raconte en 1699 et restreinte à ce qu’elle déclare elle-même, du vivant des personnes qui sont proches de l’événement, n’est pas en soi une action extraordinaire. Elle est toutefois représentative des périls coutumiers de ce temps… » Il estime donc les actions de Madeleine de Verchères, somme toute, banals. En outre, il est vrai que certaines anecdotes, comme ce passage où un Iroquois lui saisit son mouchoir, ne figure que dans le texte d’un romancier, et non dans le témoignage de Madelon. Et il n’était pas dans les habitudes des Iroquois de pratiquer le siège, leurs attaques misant plutôt sur la surprise et une victoire rapide. Le fort a-t-il réellement était pris d’assaut huit jours durant?
Lionel Groulx, prêtre historien, préfère conserver l’image héroïque de la jeune fille, quoique digne d’un garçon manqué. Il en fait ce portrait: « De Mademoiselle Madeleine, on se fera une image assez juste, ce nous semble, si on se la figure belle, intelligente et fine, séduisante et brillante, mais portant, dans son enveloppe féminine, l’âme d’un gars remuant et batailleur, fortement musclé, avec du cran, beaucoup de cran, ayant facilement aux lèvres le mot à résonnance de métal, la phrase à panache et le geste proche parent de la parole ».
Embellie ou pas, la légende de Madeleine de Verchères a marqué les esprits au Québec. Sa mémoire est honorée par une statue du sculpteur Louis-Philippe Hébert, inaugurée le 21 septembre 1913 sur la rive du fleuve Saint-Laurent à Verchères. La statue, fixée au sommet d’une tour conique, s’élève à plus de 7,2 mètres, se dressant telle une sentinelle face au fleuve.

Et si vous avez envie de rencontrer une Marie Madelon « légèrement » caricaturée, cet épisode tiré de la courte série « La Grande Bataille » pourrait vous faire rire:

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Note: ceci est le deuxième d’une série de récits regroupés dans la rubrique Nouvelle-France. Ils racontent ce temps ou l’Amérique était française, une époque aussi fascinante que négligée des cours d’histoire. Le Québec puise ses racines et son héritage francophone dans cette période. Vous découvrirez des personnages extraordinaires, des anecdotes invraisemblables et de grands moments d’Histoire, tirés d’une époque où le rêve américain se conjuguait en français. Ce récit retrace la vie d’Étienne Brûlé, premier Français à avoir vécu parmi les Indiens.

Lorsqu’ils rencontrèrent les Amérindiens en terre canadienne, les Français établirent des rapports cordiaux avec eux. Au point que l’on vit même des colons partir s’installer dans les villages autochtones. Ainsi naquirent les « coureurs des bois », ces Français qui choisirent le monde des Indiens. Ils adoptèrent leurs coutumes, leur langue, leurs vêtements. Les coureurs des bois permirent aux Français de comprendre les Natifs et furent de grands explorateurs.

Étienne Brûlé fut le premier coureur des bois, et son histoire fut tant passionnante que tumultueuse. Il quitta la France en 1608 à l’âge de 16 ans, alors qu’il menait vie à Honfleur. Il embarqua dans le navire de l’explorateur Samuel Champlain en direction de Québec, la nouvelle colonie.

Il arriva au mois de juin à Tadoussac. La traversée de l’Atlantique en bateau, longue de plusieurs mois, relevait de l’épreuve initiatique pour ce jeune homme. Mais rien qui ne put le préparer à ce qu’il vit en débarquant: la violence et la mort. Les Basques espagnols, peu enclins à partager le commerce de la traite et de la pêche en leur territoire, attaquaient férocement les Français. Brûlé ne fut cependant pas inquiété. Un peu plus tard, il découvrit également des danses particulièrement suggestives orchestrées par de jeunes Indiennes. Il ne s’en remit manifestement jamais…

Nouvelle vie

Quelques mois après, un hiver particulièrement rude dévasta la colonie. 16 des 24 hommes de l’expédition Champlain moururent. Étienne Brûlé et son compagnon Nicolas Marsolet survécurent en passant l’hiver en forêt. Ils apprirent à chasser, à se déplacer dans la neige. Ils firent la connaissance de la tribu amérindienne des Montagnais. Brûlé se découvrit un don pour les langues et pu très rapidement communiquer avec eux dans leur propre parler. La langue montagnaise étant une langue algonquienne, Étienne Brûlé s’ouvrit ainsi les portes de l’ensemble des tribus du pays algonquin.

Champlain l’envoya vivre parmi les Hurons en 1610. Enthousiaste, Brûlé revint en parlant couramment l’iroquoïen (Iroquois et Hurons, bien qu’ennemis, parlaient la même langue) et s’habillait comme un Indien. Il était devenu un membre à part entière de la nation de l’Ours. En 1611, il partit à nouveau vivre au pays des les Hurons, une communauté de 40 000 habitants, et y resta quatre ans.

On lui apprit à manœuvrer les canots, à chasser et à utiliser des raquettes. Il pouvait désormais fabriquer des canots en écorce de bouleau, tel qu’enseigné par les Natifs. Brûlé réalisa que le bouleau verruqueux était la ressource la plus importante pour la vie dans les bois. On l’utilisait pour construire et réparer les canots au cours du voyage. On bâtissait des abris avec les branches et l’écorce. L’écorce servait aussi à dessiner des cartes et à rédiger des messages. Au besoin, on pouvait même la manger! Cependant, un repas typique comprenait plutôt du pemmican, de la viande de chevreuil, du maïs et des pois séchés.

Brûlé méritait son sobriquet de coureur des bois à plus d’un titre. C’était un excellent éclaireur. Il participa à plusieurs expéditions, au nom de Champlain pour des négociants de fourrure. Il explora les terres à l’ouest de Québec. Ses périples lui firent découvrir des régions sauvages non-tracées. Il se rendit à la jonction des lacs Érié et Ontario. Il fut le premier Européen à explorer l’actuel État de Pennsylvanie.

Destin tragique

Sa vie prit un tournant plus dramatique en 1616. Au cours d’un voyage, il fut capturé par des Sénécas. Reconnu comme un Français, ennemi de la tribu, il subit d’effroyables tortures. Il s’en tira au prix d’un marché avec la tribu hostile: jouer les intermédiaires auprès des Français. Mais ce terrible épisode lui valut un an de convalescence.

La réputation d’Étienne Brûlé fut ternie quand Samuel de Champlain apprit qu’il travaillait pour les marchands de fourrures. D’explorateur au service de la Couronne, il devint une sorte de VRP, rémunéré pour persuader les tribus d’amener leurs peaux à la traite de tel ou tel marchand. Les missionnaires catholiques lui reprochèrent aussi ses mœurs très libres: ayant totalement adopté les coutumes et la morale des Hurons, Brûlé prit plusieurs femmes Indiennes. Les danses de son adolescence l’avaient bel et bien ensorcelé…

En 1629, quand lorsque les Britanniques s’emparèrent brièvement de Québec, Champlain était persuadé que Brûlé les avaient guidé en personne le long du fleuve Saint-Laurent. Tandis que Champlain retourna en métropole, Brûlé choisit de demeurer en Nouvelle-France au service des frères Kirke, les colonisateurs et négociants britanniques qui avaient pris Québec. Le coureur des bois fut définitivement perçu comme traître. Accusé dans les derniers écrits de Champlain, il ne subit cependant jamais de procès ni n’eut l’occasion de se défendre.

Brûlé repartit vivre chez les siens, les Hurons. Peu de traces de la fin de sa vie subsistent, mais il semble qu’il sombra peu à peu dans l’alcoolisme. Lorsque Champlain revint en Nouvelle-France en 1633, il apprit la nouvelle de sa mise à mort par les Hurons. Le coureur des bois avait été torturé, brûlé, démembré, puis mangé comme un ennemi! La raison de cet ultime châtiment ne fut jamais consignée, pas plus que la date exacte de l’exécution. Avait-t-il commis un geste irréparable pour la société huron? Avait-t-il été tué pour des raisons plus politiques? On ne le saura jamais. Une chose est sûre, Champlain ne manifesta guère de compassion.

Cette fin aussi floue qu’épouvantable met un terme à l’histoire extraordinaire d’Étienne Brûlé, grand explorateur, fin voyageur, surdoué des langues, archétype du métis culturel.

La dangereuse vie des coureurs des bois

Étienne Brûlé fut le premier coureur des bois. D’autres le suivirent. Et si leur vie fut moins atypique, elle n’en était pas moins difficile et jonchée de dangers. Les coureurs des bois se lançaient dans de vastes expéditions au cœur des terres américaines inconnues pour commercer, rapporter de la nourriture et de la fourrure aux colonies françaises. Ils quittaient leur domicile au printemps avec leurs canots remplis à craquer de provisions et de produits à échanger. Ils voyageaient de la rivière des Outaouais au lac Huron. De là, ils ramaient à raison de 12 heures par jour pendant un autre mois pour arriver à destination. Les coureurs des bois parcouraient ainsi des distances considérables, parfois jusqu’à 2 000 kilomètres ou plus de la maison.

Il s’agissait d’un travail dangereux qui impliquait de traverser de vastes étendues de nature hostile. Les coureurs de bois voyageaient donc en groupes. Ils avaient besoin les uns des autres pour manœuvrer les pagaies, établir les abris et guetter les ennemis à la nuit tombée. Ils devaient aussi trouver leur propre nourriture. Tout au long du parcours, ils s’adonnaient à la chasse et à la pêche.

Les coureur de bois devaient souvent faire du portage avec leur canot. Durant l’été, les moustiques et d’autres insectes les incommodaient. Ils devaient accrocher leur nourriture très haut loin de la portée des animaux. L’hiver venu, il fallait se tenir au chaud pendant la nuit. Pour cela, ils creusaient des trous dans la neige et les tapissaient de branches de cèdres. La vie au grand air, dans toute sa réalité!

Pour aller plus loin: une très belle narration radio de l’histoire d’Étienne Brûlé.

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Note: ceci est le premier d’une série de récits regroupés dans la rubrique Nouvelle-France. Ils racontent ce temps ou l’Amérique était française, une époque aussi fascinante que négligée des cours d’histoire. Le Québec puise ses racines et son héritage francophone dans cette période. Vous découvrirez des personnages extraordinaires, des anecdotes invraisemblables et de grands moments d’Histoire, tirés d’une époque où le rêve américain se conjuguait en français. Mais pour commencer, voici un petit tour d’horizon, brossé à grand trait, histoire de planter le décor.

Au XVIe siècle, bien avant les Britanniques, les Français accostèrent en Amérique du Nord avec l’objectif d’implanter des colonies durables au sein du Nouveau Monde. Jacques Cartier fut l’explorateur qui, en 1534, fit progresser ses navires dans le Golfe du Saint-Laurent, le fleuve qui longe les villes actuelles de Québec et Montréal. Il partit de Saint-Malo le 20 avril et aborda les côtes de Terre-Neuve le 10 mai. Il traversa l’estuaire du Saint-Laurent puis débarqua enfin au Labrador. Ce qu’il y vit avait de quoi faire tourner la tête. Sous ses yeux, se dressait un nouvel horizon, immense et sauvage, de vastes étendues de terre et de forêt qui ne demandaient qu’à être explorées. Cartier prit possession du territoire au nom du roi de France et la nomma « Canada », du mot iroquois Kanata qui signifie village.

Une rencontre pacifique

Cette expédition allait permettre à ses compatriotes d’embarquer vers le rêve américain français dès la fin du XVIe siècle. Pour eux, cette aventure représentait l’espoir de conquérir une liberté nouvelle, bâtir une société meilleure, sur une nouvelle terre. Certains saisirent aussi la chance de laisser leurs erreurs derrière eux: on comptait parmi les colons quelques délinquants venus effacer leur ardoise…
Mais les bonnes volontés furent mises à rude épreuve. Le climat, épouvantable et particulièrement glacial, en refroidit plus d’un. Les deux tiers des colons repartirent après leur premier hiver. La maladie et les raids indiens firent eux aussi des dégâts. Les durs à cuire, ceux qui décidèrent de rester au pays, furent appelés les Canadiens. Robustes, coriaces et déterminés, ces habitants durent se suffire à eux-mêmes en produisant leurs propres denrées.

Au début du XVIIe siècle, avec les premières expéditions de Samuel Champlain, les colons français entrèrent en contact avec les tribus autochtones. Les Français

établirent des rapports cordiaux avec eux. Ce fait est à souligner. Deux peuples qui ne s’étaient jamais vu et aux cultures on ne peut plus opposées se rencontrèrent, et plutôt que la guerre, ils choisirent la paix: instant unique dans l’Histoire des Amériques et des Hommes. Il faut dire qu’il n’était nullement dans les intentions des colons de guerroyer: le Roi de France misait avant tout sur les richesses du commerce de fourrure. De plus, les Français étaient peu nombreux, et leurs colonies de taille modeste. Les premières d’entre elles ne dépassaient pas la soixantaine d’individus. Les Amérindiens ne se sentirent jamais envahis ni menacés par leur présence. Au milieu du XVIIIe siècle, à peine 65 000 colons étaient installés en Amérique du Nord, et 85% d’entre eux étaient établis le long des berges du Saint-Laurent.

Les Français s’allièrent avec les Micmacs, les Abénaquis, les Algonquins, les Montagnais et les Hurons. Samuel de Champlain participa à la protection de la colonie contre les Iroquois, devenus les ennemis des Hurons et des Algonquins.

À la découverte des grands espaces

Français et Amérindiens trouvèrent plusieurs terrains d’entente. La traite de la fourrure fut le premier d’entre eux. En 1608, Champlain fonda un comptoir permanent qui deviendra la ville du Québec, s’imposant comme la capitale de la Nouvelle-France.

Les alliances franco-amérindiennes furent également l’occasion d’échanger les savoirs. Les Français offrirent des mousquets, des haches, des couteaux, des couvertures, du whisky et des casseroles. Les Amérindiens furent impressionnés par leurs immenses navires. Les Natifs, eux, enseignèrent aux Français la vie en Amérique. Ils leur montrèrent comment survivre aux rudes conditions climatiques. Ils leur apprirent à chasser les animaux du pays. Ils leur révélèrent le secret des herbes médicinales locales, indispensables pour survivre à la maladie, mais aussi lutter contre les nuées de moustiques. À cet effet, ils utilisaient des plantes telles les feuilles de laurier et la sanguinaire, ainsi que les graisses animales et même de l’huile de poisson.

Des Français finirent par vivre au milieu des tribus indiennes et adoptèrent leurs coutumes. Ils devinrent ceux que l’on appelait « coureurs des bois », une spécificité française.

Guidés par les Natifs, les colons parvinrent  à cartographier une très large partie de l’Amérique du Nord. Pendant 150 ans, ils sillonnèrent le continent au fil de l’eau, à l’aide du canoë d’écorce de bouleau, glissant avec célérité à travers les Grands Lacs et leurs affluents. En quête d’autres tribus avec qui commercer, ces groupes d’aventuriers descendirent jusqu’en Louisiane. Ils élargirent les limites de la Nouvelle-France sur une bande qui traversait le continent depuis le nord du Canada jusqu’au sud des Etats-Unis. La colonisation du pays se fit avec la bienveillance des tribus autochtones, qui contrôlaient les territoires au nom des alliances passées avec les Français. La notion de propriété du territoire leur était complètement étrangère, ce qui expliquait également leur attitude avenante vis-à-vis des colons.

Indiana, Dakota, Illinois, Ohio…
Aujourd’hui, une trentaine d’États américains ont des noms d’origine indienne (Dakota, Nevada, Nebraska, Colorado…). Il s’agit de territoires traversés par les Français, qui apprirent le nom que les Indiens donnaient à ces régions. Ils maintinrent les noms indiens et, plus tard, ces noms furent conservés au moment de créer les états d’Amérique.

Une nouvelle société

Livrés à eux-mêmes, les Canadiens bâtirent une société neuve où les compétences de chacun furent mises à contribution. Cette société favorisait les corps de métier locaux. Outre les marchands, négociants ou paysans, on trouvait de nombreux corps d’artisans. Les maçons, tailleurs de pierre,  menuisiers et autres charpentiers formaient le plus gros contingent de la colonie. Ils participaient à la construction des édifices publics aussi bien que des fortifications, des moulins, des barques et des résidences des particuliers. Quant aux multiples pièces de mobilier qui assuraient le bien-être matériel des habitants, elles étaient l’œuvre des menuisiers. À ce groupe, il fallait ajouter les forgerons, spécialistes du fer, et les tonneliers dont la pratique était assez lucrative. Ils confectionnaient les principaux contenants de l’époque, les barils et les tonneaux utilisés pour conserver et transporter les marchandises, tels que l’alcool, l’huile, le poisson, la farine et les pois.

Au fil du temps, apparut une petite bourgeoisie coloniale qui stimulait la production de biens et de services locaux. De cette manière, les capitaux n’étaient pas drainés vers la métropole : en achetant les produits locaux, les colons favorisaient leur propre enrichissement.

Au XVIIIe siècle, la population de la Nouvelle-France avait réussi son pari. Les gens refaisaient leur vie et la société vivait dans un certain confort matériel. Bon nombre d’artisans étaient propriétaires de leur maison: 50% à Québec et 70% à Montréal. Il existait néanmoins des différences notables quant à l’ampleur des fortunes. Les métiers du fer permettaient généralement de bien vivre et, à Québec comme à Montréal, les forgerons étaient les plus fortunés des artisans. Tonneliers, maçons, tanneurs, cordonniers et menuisiers s’en tiraient également bien. Les métiers reliés à l’habillement   tailleurs d’habits, couturières, perruquiers et cordonniers   étaient les moins lucratifs. À Québec en particulier, ces artisans peinaient à vivre de leur seul métier. Bon nombre durent trouver une deuxième activité. Certains se firent aubergistes à temps perdu, en réservant une ou deux chambres de leur maison aux voyageurs. Les véritables tavernes, elles, popularisèrent le billard, et proposaient également des jeux de dés ou de cartes. Dans l’ensemble, sur le plan matériel, la vie des habitants de la Nouvelle-France semblait meilleure que celle de leurs compatriotes en métropole.

Tout n’était pas si simple cependant. Dès le XVIIe, la venue d’Anglais prêts à conquérir l’Amérique par les armes introduisit la guerre inter-coloniale dans le quotidien. De 1629 à 1632, les Britanniques occupèrent la ville de Québec et l’Acadie (rebaptisée Nouvelle-Écosse).

Le rêve de la Nouvelle-France prit fin avec la guerre de Sept Ans: de 1756 à 1763, l’Empire Britannique ravit l’Amérique du Nord à la France. L’autonomie des colons finit par se retourner contre eux: le Roi Louis XV estimait la valeur du Canada à l’aune des bénéfices destinés à la métropole. Il ne jugea pas rentable d’employer de lourds moyens militaires pour le protéger des Anglais. C’est ainsi que la Couronne de France abandonna le Québec. La devise actuelle de la Belle Province, « je me souviens », fait peut-être autant référence à ses racines françaises qu’à cet abandon de la mère-patrie de l’époque…

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Dernières nouvelles du Plan Nord, ce vaste projet gouvernemental qui vise à exploiter et développer une région quasiment désertée du Québec, grande comme 2 fois la France, riche en or, diamant, fer, zinc et autres ressources. Le projet ne se limite pas d’ailleurs au seul territoire du Nord du Québec et demeure source de débats, de nombreuses questions restant en suspens quant à sa mise en place.

Le Premier Ministre Jean Charest a multiplié les rencontres et conférences de presse depuis le début de l’année pour promouvoir son Plan Nord. Il sillonne le monde entier depuis des mois pour attirer des investisseurs et autres exploitants miniers en quête d’or, de diamant ou de zinc. La promotion ne cessera sans doute jamais, mais en ce moment, le gouvernement doit également faire adopter plusieurs textes législatifs lié au projet. Trois projets de loi sont débattus en ce moment au parlement, mais aussi sur la place publique. Il s’agit de la réforme de la Loi sur les mines (PL14), la création de la Société du Plan Nord (PL27) et le projet de loi à venir sur la protection de 50% du territoire au nord du 48e parallèle.

En ce qui concerne la réforme de la Loi sur les Mines, certains trouvent que le texte en fait en a trop, d’autres pas assez. L’opposition habituelle du Plan Nord critique ce projet de loi car il ne prévoit pas de nouvelle hausse des redevances et ne contraint pas les sociétés minières à transformer la ressource en sol québécois. Or, ces opérations de transformation représentent une forte source d’emploi.

Mais ce texte dispose d’un point récemment controversé au sein même des partisans du Plan Nord, qui craignent de le voir brider, voire empêcher certains chantiers. L’article 91 donne autorité aux municipalités pour interdire l’activité minière sur certaines parties de leur territoire. Ce texte vise forcément à rassurer les populations craintives pour l’exploitation excessive du territoire, notamment dans le Sud, où l’opposition à l’exploration des sous-sols à la recherche de gaz de schiste reste forte. Un gage de bonne volonté de Jean Charest, souvent taxé de n’entrevoir avec son projet que la logique de profit sans tenir compte suffisamment des enjeux écologiques. Du coup, la grogne vient de son camp: Daniel Bernard, un libéral issu de la propre majorité de Charest, défend un amendement qui limiterait l’application de l’article 91 au Sud du 47e parallèle. Si tel était le cas, les municipalités situées dans les régions de l’Abitibi, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec n’auraient donc pas voix au chapitre. Motif invoqué par Daniel Bernard pour justifier cette proposition: la crainte de voir des mannes économiques rejetées par les communes, pour des considérations… non économiques. Daniel Bernard « éviter les abus et les situations où les entreprises seraient prises en otages ». Le mythe de l’éco-terroriste, si vague en France, n’est jamais bien loin de ce côté-ci de l’Atlantique…

La Société du Plan Nord aura pour mandat, comme annoncé, de coordonner les décisions d’investissement dans la région. C’est l’une des gageures de Charest: stimuler les investisseurs, mais ne pas ouvrir les portes pour un pillage du Québec par des mercenaires qui s’en repartiront une fois les poches pleines, sans que les Québécois ne profitent de leurs ressources. Toutefois, lundi dernier, afin de vanter le dynamisme et l’enthousiasme que suscite le Plan Nord dans le monde entier, Jean Charest déclarait: « On l’avoue candidement, c’est allé plus vite que ce que nous avions anticipé. Pourquoi? Parce qu’il y a des choses que nous ne contrôlons pas. Il y a des compagnies qui ont décidé d’aller plus vite pour aller se chercher des parts de marché et qui ont décidé de peser sur l’accélérateur pour développer leurs projets ». On peut se demander, du coup, l’impact de la société du Plan Nord, puisque tout est déjà en route, voire hors de contrôle.

La protection de 50% du territoire au nord du 48e parallèle se fera progressivement. Jean Charest s’est engagé, le 5 février dernier, à convertir 20% du territoire du Grand Nord en aires protégées d’ici 2020 et à empêcher toute activité industrielle dans un autre 30% de la région d’ici 2035. Près de 600 000 kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, soit l’équivalent du territoire de la France, seront donc exempts de développement industriel dans le cadre du Plan Nord. La mesure a finalement été saluée par les groupes environnementaux, puisqu’il s’agit d’un progrès par rapport aux précédentes déclarations. Le gouvernement a accepté d’élargir les zones de conservation de 12% à 20% après une tournée de consultation publique menée l’automne dernier. Cependant, seule 12% de la forêt boréale sera protégée de l’exploitation forestière. Et les écologistes se demandent, évidemment, comment seront choisies les zones sauvegardées.  « Il faut toujours se demander ce qu’on veut protéger. Est-ce qu’on va réellement protéger ce qui est menacé ou est-ce qu’on va faire une ligne sur une carte pour protéger un endroit qui, de toute façon, n’aurait pas été développé dans les prochaines décennies? », s’interroge Nicolas Mainville, biologiste et responsable de la campagne Forêts chez Greenpeace. « Nous voulons faire du Plan Nord un grand exemple de développement durable », a répondu Jean Charest, qui martèle ce message depuis le début.

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Le Super Bowl, la grande finale du championnat de foot américain pro aux États-Unis, qui a eu lieu dimanche dernier, est aussi l’occasion de voir les réclames les plus attendues de l’année dans le pays. Celle que vous pouvez voir dans la vidéo ci-dessus a estomaqué tous les téléspectateurs, au point de causer une certaine polémique. Officiellement, il s’agit d’une publicité visant à vendre des voitures Chrysler. Mais son message, diffusé à la mi-temps du match, est plus global: « It’s halftime in America », « c’est la mi-temps aux États-Unis » (n’oublions pas que pour les Américains, l’Amérique se résume aux États-Unis).

La voix rocailleuse de Clint Eastwood évoque les difficultés actuelles du pays, notamment économiques, mais aussi la mentalité américaine, qui consiste à lutter, se battre jusqu’au bout, pour les valeurs US. Il illustre cette mentalité avec le sauvetage de Chrysler justement. Le fabricant d’automobile a échappé à la faillite grâce aux financements venus des administrations Bush (4 milliards) et Obama (8,5 milliards). Le happy-end est donc toujours possible, résume Eastwood avec émotion. Il invite le peuple américain à se relever, se battre, et sortir de la crise avec fierté, uni autour d’un objectif commun. Le parallèle avec le challenge d’une équipe de football justifie sans doute la place de cette vidéo à la mi-temps du Super Bowl.

Ce message se veut donc très patriotique, et, somme toute, très américain. Pourtant, malgré son aspect fédérateur, il fait polémique. Les Républicains y voient une allégorie du mandat de Barack Obama. En annonçant « c’est la mi-temps », Clint Eastwood impliquerait que le président démocrate devrait être réélu en novembre prochain. Bref, pour les Républicains, il s’agirait bien d’une réclame pour l’administration Obama, et ils ne sont pas contents vu qu’ils en auraient préféré une en leur faveur. Karl Rove, l’ancien « cerveau » de l’administration Bush, l’a clairement fait savoir.

Il est effectivement facile de voir dans ce petit film une incitation à la réélection de Barack Obama. Ce serait tout de même étonnant. Clint Eastwood a toujours voté Républicain aux présidentielles. Il  a même donné 2300 dollars pour financer la campagne de John McCain contre Obama en 2008. L’acteur et réalisateur a d’ailleurs précisé le lendemain du Super Bowl: « Je ne suis certainement pas affilié politiquement à Monsieur Obama. Ce message évoquait la croissance de l’emploi et l’état d’esprit des Etats-Unis. Je crois que les hommes politiques de tous bords seraient en accord avec ce message. »

Mouais. Vu le niveau actuel des primaires Républicaines, on comprendrait qu’il décide de changer de camp…

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« Les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux. »

« L’accroissement du nombre de fidèles musulmans et un certain nombre de comportements posent problème. »

« Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés. »

« 2 % de la délinquance sont le fait de Roumains ».

« Il y a une immigration comorienne qui est la cause de beaucoup de violences ».

Ce florilège de citations, digne des plus hautes envolées du café du commerce, sort tout droit de la bouche venimeuse d’un ministre. Un ministre oui, en France un homme capable de telles sorties est devenu ministre. Il s’agit du ministre l’intérieur Claude Guéant. Il a encore fait parler de lui le 4 février dernier, en déballant un nouvel extrait de sa réflexion: « Toutes les civilisations ne se valent pas. » Il faisait bien sûr allusion aux Musulmans. Encore. Le président Sarkozy l’a d’ailleurs défendu en précisant, pour ceux qui n’avaient pas compris: « Le ministre de l’Intérieur a dit qu’une civilisation, un régime, une société qui n’accordaient pas la même place et les mêmes droits à des hommes et à des femmes, ça n’avait pas la même valeur. C’est du bon sens ». Quel est le but de tout ça? Prouver qu’à l’UMP on imite très bien l’extrême droite? C’est réussi. Encore une agression. Encore une phrase qu’on imaginerait bien sortie de la bouche d’un aryen convaincu  avec des gesticulations hystériques et la mèche de cheveux qui pendouille. Encore une phrase qui va générer des débats stériles et haineux à base de « quelle honte, c’est du racisme » contre « je ne suis pas raciste mais là il a raison ». Et pendant ce temps, on évite de parler d’autre chose. Bref, encore une phrase que Guéant aurait mieux fait de garder dans sa bouche de (je n’en reviens toujours pas) ministre. Ce type est ministre!!

Guéant a au moins le mérite de la constance. Depuis son arrivée au ministère il y a un an, le haut fonctionnaire a mis tout son génie à l’œuvre pour enchaîner les incitations à la haine aussi honteuses qu’incroyables pour un ministre (un ministre!!!). Son objectif est manifestement de maintenir le pays dans un niveau de débat en-dessous du caniveau. Je n’ai cité qu’un échantillon de ses déclarations hein, j’en passe et des meilleures. Tous les moyens sont bons pour maintenir le racisme et la haine au cœur du débat national – c’est tellement pratique pour éviter de parler emploi ou argent! Guéant n’hésite jamais à inventer des chiffres ou des statistiques pour appuyer ses phrases nauséabondes. L’INSEE lui-même (l’institution de la statistique en France), qui ne commente jamais les affaires politiques, a contesté la phrase sur l’échec scolaire.

Guéant est peut-être un amateur de première. Un type plus naïf que Forrest Gump, qui ne réalise même pas l’énormité de ce qu’il dit ni les répercussions que cela peut avoir. Car s’acharner à ce point dans l’incitation à la haine, alors qu’une campagne présidentielle se profile et que le pays en crise a besoin de mobiliser ses ressources, cela relève de la crétinerie bornée! Je ne parle même pas du fond de ses citations: on peut parler de la violence, on peut parler de l’immigration, on peut parler de la place de la religion dans les services publics; mais quand on est ministre (ministre!!!), on ne fait pas de lamentables raccourcis démagogiques tout juste bons à draguer l’électorat d’extrême droite! Le pire est de voir l’UMP lui emboîter le pas, en qualifiant tout contestataire de « bobo moralisateur ». Ouais, de grosse pédale, tout le monde sait que c’est ce qu’ils ont envie de cracher. Ça transpire, c’est le style de la maison. En même temps, lorsque le député de la Martinique Serge Letchimy joue sur le terrain UMP du parler-cru et déclare que les propos de Guéant rappellent « jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration » et le « régime nazi », que font les membres du gouvernement? Ils quittent l’Assemblée, tels des bobos moralisateurs dont les oreilles délicates auraient été choquées! Le franc-parler n’est plus de mise lorsque l’agresseur devient agressé…

Pourtant, s’il faut chercher les hommes politiques qui ont prononcé ce genre de phrase, on finira vite par tomber sur Adolf Hitler. Ben oui, il faut appeler un chat un chat. Vous voulez une traduction de son livre pour en juger? Vous voulez lire du Mein Kampf pour comparer? En voici quelques extraits:

« Un peuple n’est pas identique à un autre peuple et, à l’intérieur d’une communauté, une tête ne peut pas non plus être identique à une autre tête. Admettre ce postulat incite d’abord, sans chercher de finesses, à favoriser dans la communauté les éléments reconnus supérieurs, et à s’occuper d’accroître particulièrement leur nombre. »

« Celui qui nie la différence entre les races, en ce qui concerne leur aptitude à engendrer des civilisations, est forcé de se tromper aussi quand il juge les individus. Accepter l’égalité des races entraîne à juger pareillement les peuples et les hommes. »

C’est Mein Kampf hein, pas les extraits du dernier discours de Claude Guéant, précisons. Et pourtant, les membres de l’UMP ont joué les vierges effarouchées en entendant le mot « nazi ». Ce genre de réaction me laisse penser que Guéant n’est pas un amateur. Juste un instrument de la politique de sabordage de l’UMP. L’élection semble perdue d’avance pour le parti de Sarkozy, il faut croire que le but des politicards qui dirigent le navire se résume désormais à emporter un maximum de victimes avec eux. Dans ce cas, c’est sûr, le cynique Guéant se pose en capitaine de vaisseau.

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En ce dimanche 5 février de l’an de grâce 2012, l’heure est à la grand messe: c’est l’heure du Super Bowl! La finale du championnat de football américain pro des États-Unis, un évènement plus grand que la coupe du monde des jeux olympiques et la deuxième guerre mondiale réunis. Un show où les Patriots de la Nouvelle-Angleterre affronteront les Giants de New-York, et ou Madonna tentera de ne pas perdre sa petite culotte durant le concert de la mi-temps. Mais pour des millions (des miyards!) de téléspectateurs du monde entier, c’est surtout l’occasion de se taper la bouffe de l’année. Alors ici, on ne parle pas de haute gastronomie: les nachos rivalisent avec les burgers et autres côtes levées de porc marinées au barbecue. La grande innovation de l’année, celle qui fait un tabac dans les rues de Los Angeles, c’est le cupcake couronné d’une aile de poulet. Un objet culte outre-Atlantique qui fera manger leur chapeau à tous les Paul Bocuse de la terre.

Certains ne se privent pas toutefois pour donner à cette rusticité culinaire un aspect esthétique. Voici donc quelques oeuvres de fans absolus, qui n’ont rien trouvé de mieux que de reconstituer le stade de leur équipe préférée avec des toasts et des chips. Only in USA…

 

 

PS: I believe in Eli!

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