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Archive for the ‘chronique’ Category

J’emmerde profondément ces connards de pédiatres et pédopsychiatres français qui ont refusé d’examiner mon fils pendant 2 ans malgré mes demandes. Au Québec, où j’habite depuis 6 mois, non seulement ils ont bien voulu se pencher sur son cas, mais ils ont posé le diagnostic que je craignais depuis tout ce temps: Adam, aujourd’hui âgé de 3 ans et demi, est autiste.

Parmi les troubles envahissants du développement, il entre dans la première catégorie, celle des «troubles autistiques». C’est l’autisme, même si la gravité peut varier d’un cas à l’autre, selon qu’il s’accompagne ou non d’une déficience intellectuelle. Je suis convaincu que mon fils n’en a pas, car il apprend des choses. Actuellement, il est surtout limité dans le langage fonctionnel (qui est très rudimentaire chez lui) et, par voie de conséquence, dans sa sociabilisation.

Je suis pas près d’oublier les «c’est rien, les enfants grandissent à leur rythme, ça viendra tout seul monsieur».

Mais au Québec, on nous donne les moyens de l’aider. Adam aura un accompagnateur quand il ira à l’école maternelle, entièrement pris en charge. Entre le Canada et le Québec, on aura droit à 5000$ de subvention par an pour payer ses séances d’ergothérapie et d’orthophonie. Les autistes sont accompagnés dans le système scolaire avec un objectif permanent de sociabilisation et d’intégration, à terme, dans les écoles normales (d’ailleurs, les classes spécialisées se déroulent dans les mêmes établissements).

Je me doute que ce sera plus compliqué que prévu. J’anticipe d’ores et déjà de nombreuses batailles pour obtenir des places dans les structures adaptées, les démarches et délais sans fin, et quoi d’autre encore. Mais en attendant, le Québec donne de l’espoir à notre famille, car dans cette société les problèmes de notre fils sont pris au sérieux.

Non je ne fais pas de généralités sur les pédiatres et les pédopsy. Mais je crache à la gueule des incompétents qui ont balayé la chair de ma chair d’un revers de main, comme si mes inquiétudes n’étaient que les lubies d’un parent parano. Adam, tu vas voir, on n’a pas traversé l’océan pour rien. Je t’aime et je te sauverai.

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« Les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux. »

« L’accroissement du nombre de fidèles musulmans et un certain nombre de comportements posent problème. »

« Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés. »

« 2 % de la délinquance sont le fait de Roumains ».

« Il y a une immigration comorienne qui est la cause de beaucoup de violences ».

Ce florilège de citations, digne des plus hautes envolées du café du commerce, sort tout droit de la bouche venimeuse d’un ministre. Un ministre oui, en France un homme capable de telles sorties est devenu ministre. Il s’agit du ministre l’intérieur Claude Guéant. Il a encore fait parler de lui le 4 février dernier, en déballant un nouvel extrait de sa réflexion: « Toutes les civilisations ne se valent pas. » Il faisait bien sûr allusion aux Musulmans. Encore. Le président Sarkozy l’a d’ailleurs défendu en précisant, pour ceux qui n’avaient pas compris: « Le ministre de l’Intérieur a dit qu’une civilisation, un régime, une société qui n’accordaient pas la même place et les mêmes droits à des hommes et à des femmes, ça n’avait pas la même valeur. C’est du bon sens ». Quel est le but de tout ça? Prouver qu’à l’UMP on imite très bien l’extrême droite? C’est réussi. Encore une agression. Encore une phrase qu’on imaginerait bien sortie de la bouche d’un aryen convaincu  avec des gesticulations hystériques et la mèche de cheveux qui pendouille. Encore une phrase qui va générer des débats stériles et haineux à base de « quelle honte, c’est du racisme » contre « je ne suis pas raciste mais là il a raison ». Et pendant ce temps, on évite de parler d’autre chose. Bref, encore une phrase que Guéant aurait mieux fait de garder dans sa bouche de (je n’en reviens toujours pas) ministre. Ce type est ministre!!

Guéant a au moins le mérite de la constance. Depuis son arrivée au ministère il y a un an, le haut fonctionnaire a mis tout son génie à l’œuvre pour enchaîner les incitations à la haine aussi honteuses qu’incroyables pour un ministre (un ministre!!!). Son objectif est manifestement de maintenir le pays dans un niveau de débat en-dessous du caniveau. Je n’ai cité qu’un échantillon de ses déclarations hein, j’en passe et des meilleures. Tous les moyens sont bons pour maintenir le racisme et la haine au cœur du débat national – c’est tellement pratique pour éviter de parler emploi ou argent! Guéant n’hésite jamais à inventer des chiffres ou des statistiques pour appuyer ses phrases nauséabondes. L’INSEE lui-même (l’institution de la statistique en France), qui ne commente jamais les affaires politiques, a contesté la phrase sur l’échec scolaire.

Guéant est peut-être un amateur de première. Un type plus naïf que Forrest Gump, qui ne réalise même pas l’énormité de ce qu’il dit ni les répercussions que cela peut avoir. Car s’acharner à ce point dans l’incitation à la haine, alors qu’une campagne présidentielle se profile et que le pays en crise a besoin de mobiliser ses ressources, cela relève de la crétinerie bornée! Je ne parle même pas du fond de ses citations: on peut parler de la violence, on peut parler de l’immigration, on peut parler de la place de la religion dans les services publics; mais quand on est ministre (ministre!!!), on ne fait pas de lamentables raccourcis démagogiques tout juste bons à draguer l’électorat d’extrême droite! Le pire est de voir l’UMP lui emboîter le pas, en qualifiant tout contestataire de « bobo moralisateur ». Ouais, de grosse pédale, tout le monde sait que c’est ce qu’ils ont envie de cracher. Ça transpire, c’est le style de la maison. En même temps, lorsque le député de la Martinique Serge Letchimy joue sur le terrain UMP du parler-cru et déclare que les propos de Guéant rappellent « jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration » et le « régime nazi », que font les membres du gouvernement? Ils quittent l’Assemblée, tels des bobos moralisateurs dont les oreilles délicates auraient été choquées! Le franc-parler n’est plus de mise lorsque l’agresseur devient agressé…

Pourtant, s’il faut chercher les hommes politiques qui ont prononcé ce genre de phrase, on finira vite par tomber sur Adolf Hitler. Ben oui, il faut appeler un chat un chat. Vous voulez une traduction de son livre pour en juger? Vous voulez lire du Mein Kampf pour comparer? En voici quelques extraits:

« Un peuple n’est pas identique à un autre peuple et, à l’intérieur d’une communauté, une tête ne peut pas non plus être identique à une autre tête. Admettre ce postulat incite d’abord, sans chercher de finesses, à favoriser dans la communauté les éléments reconnus supérieurs, et à s’occuper d’accroître particulièrement leur nombre. »

« Celui qui nie la différence entre les races, en ce qui concerne leur aptitude à engendrer des civilisations, est forcé de se tromper aussi quand il juge les individus. Accepter l’égalité des races entraîne à juger pareillement les peuples et les hommes. »

C’est Mein Kampf hein, pas les extraits du dernier discours de Claude Guéant, précisons. Et pourtant, les membres de l’UMP ont joué les vierges effarouchées en entendant le mot « nazi ». Ce genre de réaction me laisse penser que Guéant n’est pas un amateur. Juste un instrument de la politique de sabordage de l’UMP. L’élection semble perdue d’avance pour le parti de Sarkozy, il faut croire que le but des politicards qui dirigent le navire se résume désormais à emporter un maximum de victimes avec eux. Dans ce cas, c’est sûr, le cynique Guéant se pose en capitaine de vaisseau.

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Montréal la nuit, c’est beau. Le côté « ville américaine » ressort, mais son caractère latin s’exprime aussi par l’ambiance, le sens de la fête. C’est ce qui la rend unique en Amérique du Nord.

http://dai.ly/xo49cs

La plupart des images du clip ne sont pas de moi. J’avais juste envie de rendre hommage à cette belle ville, après l’avoir un peu arpentée et succombé à ses charmes. Je voulais aussi montrer aux lecteurs qui ne la connaissent pas à quel point elle est attirante et singulière. Il y a tant de choses à montrer encore… Par exemple, l’architecture foutraque, qui illustre complètement l’histoire de la ville, avec une triple influence française, britannique et américaine, toutes époques confondues… Il faudra du temps pour faire le tour de tout ça.

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Il fallait bien illustrer le titre du blog quand même. Je vous rappelle qu’on n’y parle pas de météo, mais des sociétés française et québécoise. Elles sont cousines de langue mais différentes en bien des points, au point que l’actualité de l’une prend souvent un relief singulier aux yeux de l’autre. J’espère que les Québécois(es) et les Français(es) trouveront ici un lieu propice pour le constater.

Village des neiges à Montréal. Janvier 2012.

Ma voiture, avant une heure de pelletage pour la dégager de sa ceinture neigeuse. Janvier 2012.

Non ce n’est pas moi. Derrière par contre, c’est la tour du Stade Olympique de Montréal. Décembre 2011.

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Un Homme ne s’accomplit que dans les grands moments de bravoure. C’est lorsqu’il triomphe de ces instants où l’ampleur du péril le dispute à la violence de l’affrontement, que l’Homme, en dépit du courroux prédateur dont il s’est paré durant la bataille, dessine sur son visage dément un sourire redoutable, car il sait qu’il vient de passer le grand test de la Vie. Ce moment qui définit une existence et l’arrache au désespoir d’un destin vain, je l’ai vécu mardi, à Montréal. Lorsque tout était fini, tandis que les épreuves gisaient derrière moi, vaincues par la seule force de ma furieuse volonté, j’ai senti la beauté de mon geste (beauté qui le dispute à sa charité) élever mon âme. Alors, chassant les légions de la folie venues me hanter l’esprit, j’ai rejeté ma tête en arrière, et j’ai ri. J’ai ri d’un rire tonitruant, ancestral, conquérant, ignorant le regard des autres et le bien-être de leurs oreilles. J’étais le Maître. Je venais de réaliser un exploit digne de louanges.

J’étais parvenu à voir un médecin.

On ne mesure pas bien, depuis la France, la difficulté de l’opération. C’était pour mon fils (car la beauté du geste le dispute à la charité). Rien de grave, mais à 3 ans, je préfère le faire suivre (il ne se plaint jamais: la dernière fois qu’on lui a trouvé une otite, il avait déjà passé tout l’hiver avec).

Au Québec, pour voir un médecin, on passe par un CLSC, un Centre Local des Services Communautaires. C’est une sorte de maison de la santé que l’on trouve un peu partout dans les quartiers, avec infirmières, médecins… Vu qu’à Montréal on a plus de chances de trouver une forêt de cocotiers qu’un médecin de famille attitré, c’est l’endroit conseillé, tant qu’il n’y a pas besoin d’un traitement en urgence à l’hôpital. Mais mieux vaut ne pas être pressé, et avoir un gros bouquin.

Ma quête commence au CLSC le plus proche de chez moi. Il ouvre à 8h. J’arrive avec mon fils à 8h15. Nous sommes refusés. « Trop de monde », nous explique-t-on à l’accueil. « Il y a déjà plus de 40 patients sur la liste d’attente, on n’en prendra plus aujourd’hui ». Pas de chance. On m’avait prévenu de ces fameuses files d’attente qui se remplissaient vite, mais je me suis malgré tout fait surprendre. Pas grave, la secrétaire m’offre gentiment la liste des CLSC les plus proches. En avant.

Deuxième CLSC: ah non, le mardi c’est que sur rendez-vous. Au revoir.

C’est à notre quatrième tentative que nous trouvons une clinique qui, devant ma mine suppliante, accepte de nous accueillir. Joie, triomphe! « Prenez un ticket, on vous appellera ». Je m’assois, mon fils sur les genoux, un peu honteux de notre bonne santé, au milieu d’un zombie en phase terminale et d’une tempête de mucus ambulante.

Au bout d’un moment, la secrétaire appelle « lenuméroquarantehuiiiiiit! ». C’est notre tour. Voilà qui tombe bien, je venais juste d’achever la lecture de « Blagues de comptable, volume 1« .

Nous nous transportons devant la secrétaire. « Veuillez remplir ce formulaire, et on vous appellera« . Ah bon, ce n’est pas vraiment à nous en fin de compte? Pour l’instant nous devons seulement nous inscrire sur la véritable liste d’attente, la première étant vraisemblablement un leurre destiné à coincer les VRP. Je remplis également un formulaire où je décris notamment la raison de ma venue (j’aimerais bien prendre un rendez-vous avec un pédiatre quoi), et on attend à nouveau. Il est 10h30, et je me rends compte que je n’ai pas le volume 2. « Vous allez d’abord voir l’infirmière. Puis vous aurez un rendez-vous avec un médecin, qui verra votre enfant et vous prescrira un pédiatre », égrène la secrétaire. Les voies du protocole sont impénétrables partout dans le monde civilisé (« civilisé » signifiant, bien souvent, « où il est nécessaire de s’inscrire au bureau 300, n’oubliez pas le formulaire rempli et signé »).

La secrétaire nous précise, au cas où nous serions impatients (alors que nous sommes 2), que l’infirmière ne nous prendra pas avant 11h30.

Comme prévu, l’infirmière nous appelle à midi pile. Elle prend la taille et le poids de mon fils, pose quelques questions sur son évolution, puis me renvoie à un médecin. Que l’on ne verra pas avant 14h.

Et quand on dit « pas avant », cela veut plutôt dire 15h. Heureusement que notre pitchoun est (comme souvent) de bonne humeur. J’ai vu des gamins qui auraient eu le temps de provoquer une avalanche dans les Appalaches durant tout ce temps. Lorsque le médecin clame notre nom (de travers), nous nous rendons dans son cabinet. Plus personne à l’intérieur. Le bougre s’est enfui par une porte dérobée. Il nous a fait rentrer mais est encore occupé ailleurs. Je détecte là-dedans une tactique psychologique visant à maintenir notre espoir éveillé. Je détecte aussi une chaise vide. Au bout de quelques minutes, mis en confiance par l’absence évidente de tout postérieur étranger au mien dans les parages, je m’y assois.

Bien sûr, c’est le moment que choisit le docteur pour apparaître comme une tornade, faisant glisser la porte arrière d’une poussée agacée et me saluant d’un « ah, je crois que vous êtes sur ma chaise. Vous pouvez vous asseoir sur le tabouret sous la table« . Aussi compatissant que le Docteur House, mais avec l’intention manifeste de se débarrasser de notre cas avant la fin de l’épisode, le monsieur parle vite. Il est pressé. « Qu’est-ce qu’il a votre fils? » me lance-t-il.

Un peu déstabilisé, j’admets ne pas avoir formulé la meilleure réponse possible. « Hé bien voilà, euh…

– Ok ok. Il a vu un pédiatre depuis que vous êtes arrivés au Québec? coupe le docteur, peu enclin à se laisser intimider par des concepts arrivistes tel que « l’écoute des patients ».

– Non justement. On se demandait si…

– Pas suivi par quelqu’un en France?

– Non, enfin de temps en t…

– Examiné les oreilles?

Pressé de toute part, un espoir illumine mon regard. Je peux reprendre l’avantage sur cette question.

– Alors oui, il y a pas l…

– Il y a pas longtemps quand? » enchaîne le médecin, imperturbable. Il est généraliste, mais a une spécialité: poser une question dont la réponse est contenue dans la phrase qu’il vient de couper. Il n’a jamais vraiment dit « hop hop hop« , mais j’avais l’impression que l’expression ponctuait chacune de ses phrases.

Il est clair que les médecins sont débordés ici. C’est un vrai problème local: le Québec manque de médecins généralistes, une branche professionnelle méprisée des étudiants. Du coup, dans l’agglomération de Montréal, rares sont les élus à disposer d’un médecin de famille, capable d’offrir un rendez-vous dans un délai rapide – mettons avant la guérison naturelle ou la mort. « Moi il m’a fallu 20 ans pour en avoir un », m’avait cordialement assuré un agent de l’immigration il y a 15 jours, lors d’une séance d’information fort instructive.

Le médecin est pressé, mais il a le mérite d’aller droit au but. Et lorsque nous sortons de la clinique à 15h30, je peux fièrement brandir un précieux sésame. Mission accomplie. La beauté du geste le dispute au courage de l’entreprise. J’observe le manuscrit. Après tant d’effort, je m’attendais à un parchemin scellé à la cire rouge, mais il ne s’agit que d’un petit bout de papier ridicule qui ressemble à ma dernière liste des courses.Il a néanmoins de l’importance: c’est un référencé. Une recommandation vers un pédiatre. L’équivalent d’une prescription en France. Comme dans l’Hexagone, il faut d’abord consulter un généraliste avant de toquer chez le spécialiste.

De retour à la maison, et un bon coup de fil plus tard, le rendez-vous est pris. Un pédiatre verra notre fils… le 12 décembre. Faut pas se plaindre. Juste avant de nous congédier, le généraliste nous avait expliqué qu’obtenir un rendez-vous chez le pédiatre pouvait prendre jusqu’à 2 ans. « Très long. N’attendez pas. Au revoir ».

Au revoir alors.

C’est vous qui osez me faire perdre mon temps?

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Photo André Pichette, La Presse

  • Je pense qu’on nous vend des salades quand on nous dit, à nous autres les Français révolutionnaires, que nous sommes les champions du monde de la manifestation, les seuls à descendre dans la rue pour se plaindre du bruit de la chasse d’eau, etc. Depuis que je suis arrivé à Montréal, il y a un mois, il ne se passe pas une semaine sans défilé en centre ville. Samedi dernier, la communauté congolaise arpentait la rue Sainte-Catherine pour dénoncer les violences et l’exploitation de leur pays, dans l’indifférence générale. Depuis le 14 octobre, au Square Victoria de Montréal, ou place Saint-Roch à Québec, d’importants collectifs d’Indignés, tels qu’on en voit un peu partout aux Etats-Unis, au Canada ou en France cet été (ici à Bayonne), ont investi de grandes artères municipales et se préparent à camper pour l’hiver. Ils militent pour une répartition des richesses plus équitable, et un monde meilleur en général (ce qui est toujours mieux que de militer pour un monde pire). Un campement de 400 personnes logés dans des yourtes ou des tipis, en plein coeur du quartier d’affaires, ça se remarque croyez-moi. Ce jeudi 10 novembre, 200.000 étudiants canadiens ont refusé d’aller en cours, et 30.000 ont marché dans les rues de Montréal pour protester contre la hausse annoncée des frais de scolarité (+1625$ dans 5 ans quand même). Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne cause de toutes ces protestations. Bref, faut pas croire: de l’autre côté de l’Atlantique (oui, dans l’antre du capitalisme), ça sort, ça crie, ça brandit des panneaux bardés de messages revendicatifs. Et encore, je ne vous ai même pas parlé de la marche des zombies du 22 octobre dernier.

Contrairement aux apparences, cette photo n’a pas été prise au sommet du G20, mais bien à la Zombie Walk de Montréal. Elle est signée Cyrielle Beaubois. Cliquez ici pour en voir d’autres!

 

 

  • Je pense que je serai déçu si Silvio Berlusconi démissionne effectivement la semaine prochaine. Le Cavaliere méritait d’être sanctionné pour l’ensemble de son oeuvre scandaleuse: affaires sexuelles, politiques, de corruption ou d’abus de pouvoir. Au lieu de ça, le bougre a trouvé là le moyen de partir sur une note plutôt digne. Le budget de son gouvernement pour l’année 2010 a été en effet récemment validé par 308 voix pour, 0 contre, mais 321 abstentions. Autant dire qu’il n’a plus la confiance de la majorité de ses députés. Le chef du gouvernement italien a déclaré avoir « bien compris les implications de ce vote« . Et d’ajouter, la main sur le coeur: « savoir qui dirige ou ne dirige pas le gouvernement est moins important que faire ce qu’il faut pour le pays ». Il démissionnera donc après le vote par le Parlement, prévu la semaine prochaine, des réformes économiques réclamées par l’Union européenne. Un finish honnête et désintéressé: de la part de Berlusconi, c’est très fort!
  • Je pense avoir deux défis à relever pour réussir mon immigration au Québec: encaisser les 6 mois d’hiver, et supporter la cavalerie d’héritiers de Céline Dion et autres Garou, chanteurs et chanteuses tous plus mièvres les uns que les autres, avec parfois une étonnante capacité à briser les fenêtres par la seule force de la voix.  L’ADISQ, l’industrie du disque locale, se plaint autant du piratage que les majors françaises. Selon une étude de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, la musique québécoise représente 51% des téléchargements des usagers québécois, alors qu’elle ne représente que 21% du contenu disponible en peer-to-peer. « Il faut acheter les albums des artistes québécois. Il faut les encourager », dit l’ADISQ. Mais ça va pas??? Si on les encourage, ils n’arrêteront jamais!
  • Je pense, à propos de l’industrie du disque qui attribue sans arrêt la baisse de ses chiffres au piratage, qu’il faut aussi prendre en compte un paramètre manifestement inconnu des des marketeux: le porte-monnaie des consommateurs n’est pas extensible. Les chutes des ventes de disque correspondent peut-être à la démocratisation de l’internet haut débit. Je pense surtout qu’elles correspondent à l’explosion du marché du DVD (puis Blue Ray), pis des téléviseurs HD, pis des consoles et de leurs jeux hors de prix, pis du manga, pis de la hausse du coût des tickets de cinéma, bref, du loisir culturel. Les gens aimeraient bien tout acheter ma p’tite dame, mais ils peuvent pas. Alors ils choisissent. L’industrie du CD n’a pas été victime du piratage: elle a été victime de la concurrence. Fallait être plus attractif aussi, et au lieu d’attendre le déluge pour faire évoluer le produit!

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  •  Je pense que la personne des services d’immigration qui a dirigé ma séance d’information la semaine dernière, a obtenu son petit effet avec cette déclaration: « ici, les policiers ont un baccalauréat en sociologie ou psychologie (équivalent d’une licence en France, NDR). Vous pouvez leur parler! » Bon, moi en revanche, ce que j’aime chez les flics du coin, c’est quand ils débarquent au Dunkin’ Donut, gilet pare-balle sur le corps, arme à la ceinture, et achètent des beignets. Ça me rassure. En France, j’ai vu passer plus d’un policier au Mac Do, mais ils restaient dans la voiture et commandaient au Drive (au Québec on dit « service au volant »). Voilà ce qui arrive, Monsieur Sarkozy, lorsqu’on abandonne le concept de police de proximité.
  • Je pense n’avoir jamais vu un dentiste payer pour se faire une petite dent. Ben au Canada, ça y est, c’est arrivé. Un dentiste de la province de l’Alberta s’est délesté de 31.000 dollars pour s’offrir un nouveau joujou à gratter. Ne regrettez pas d’avoir confié les vôtres à la petite souris: la molaire venait de la gencive de John Lenon. Je ne sais pas ce qui m’étonne le plus dans cette nouvelle (qui, vous l’admettrez, secoue la planète Infos): la hauteur des enchères, ou le fait que l’ex-Beatles avait décidé à l’époque d’offrir une dent à la femme de ménage. Personnellement, j’ai un bout d’émail qui a sauté un jour. Croyez-le ou pas, il ne m’est pas venu à l’esprit de le retrouver pour en faire cadeau à un inconnu. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais percé dans la chanson.

  • Je pense que cela fait 30 ans que la France et le Canada ne gère pas leur dette publique de la même façon. La France « culmine » à plus de 1600 milliards d’euros de dette, soit 2200 milliards de dollars canadiens. Au Canada, c’est 560 milliards de dollars canadiens (400 milliards d’euros). 4 fois moins. Les membres du gouvernement canadien ne sont  pourtant pas en train de sabrer le champagne dans des chalets en diamant. La prudence reste de mise. Le Canada a gagné une réputation d’excellent gestionnaire de dette, après avoir fait passer la sienne de 68.4% à 38.7% du PIB entre 1994 et 2004. Forcément, quand l’Etat dépense moins (plans d’austérité à gogo) et que l’argent rentre davantage (bonne croissance), le taux de la dette s’améliore. Logique. Mais avec la dernière crise économique mondiale, ce chiffre est remonté à 85.5% du PIB en 2011. Ben oui, disparue la bonne croissance, donc moins d’argent dans les caisses publiques (via impôts et taxes), donc solde budgétaire négatif tous les ans depuis 2008. Donc dette publique en hausse. Ah, c’est lié, c’est vicieux!

Au vu des perspectives de croissance économique et de la politique de réduction des dépenses publiques, le Ministre des Finances du Canada vient de reporter d’un an sa prévision de retour à l’équilibre budgétaire (annuel donc). Il l’avait annoncée pour 2014-2015 initialement.

En France, un retour si rapide à l’équilibre budgétaire aurait de quoi faire rêver. Ce tableau interactif montre que depuis 1978 (les chiffres ne vont pas au-delà), les gouvernements successifs ont été incapables de boucler un budget positif. Et c’est pas demain la veille. Les dépenses publiques ont toujours été plus importantes qu’ailleurs. Les recettes aussi, via les impôts et taxes qui permettent la redistribution. Mais comme la croissance est morne, les salaires stagnent (tout comme la recette des impôts sur le revenu donc), la consommation stagne (tout comme les recettes de la TVA). Bref, les rentrées d’argent ne compensent pas. Du coup, la dette s’accumule. Le Canada est monté à 85% du PIB? En France, c’est pire: 97% cette année. Le gouvernement ne parvient pas à tirer la croissance vers le haut (par manque de maîtrise ou par incompétence, selon le point de vue). Et voilà le Premier Ministre Fillon présente un plan d’austérité pour réduire les dépenses de l’État et augmenter la TVA. Ce qui m’amène à la pensée suivante…

  • Je pense que le nouveau plan d’austérité présenté par François Fillon, en France, n’a pas fini de plomber l’UMP dans l’optique des présidentielles 2012. Le Premier Ministre vient à peine d’annoncer la nouvelle, à base de hausse de la TVA dans la restauration et les services, et d’accélération de la réforme des retraites. Et voilà que rejaillit sur facebook un cas d’école dans le genre « méga casserole »: François Fillon se baladait en avion militaire pour rentrer chez lui, à 27.000 euros le trajet. C’est vieux pourtant, la news date de février dernier. Mais c’est symptomatique justement. La panier à griefs n’est plus percé, les boulettes ne sont plus oubliées au fil du temps. Ça déborde, ça remue, et à la moindre secousse, y’en a une qui ressort.

  En plus, l’intérêt d’augmenter la TVA reste à discuter. Cela ne va pas créer de richesse. Simplement, une plus grande part des richesses existantes finiront dans les caisses de l’Etat. Mais s’il reste moins d’argent aux salariés parce que les prix augmentent, ils vont moins consommer. Du coup, au final, les recettes de la TVA vont baisser aussi. Le serpent se mord la queue. Autant dire que je n’aimerais pas être à sa place.



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