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Posts Tagged ‘france’

J’emmerde profondément ces connards de pédiatres et pédopsychiatres français qui ont refusé d’examiner mon fils pendant 2 ans malgré mes demandes. Au Québec, où j’habite depuis 6 mois, non seulement ils ont bien voulu se pencher sur son cas, mais ils ont posé le diagnostic que je craignais depuis tout ce temps: Adam, aujourd’hui âgé de 3 ans et demi, est autiste.

Parmi les troubles envahissants du développement, il entre dans la première catégorie, celle des «troubles autistiques». C’est l’autisme, même si la gravité peut varier d’un cas à l’autre, selon qu’il s’accompagne ou non d’une déficience intellectuelle. Je suis convaincu que mon fils n’en a pas, car il apprend des choses. Actuellement, il est surtout limité dans le langage fonctionnel (qui est très rudimentaire chez lui) et, par voie de conséquence, dans sa sociabilisation.

Je suis pas près d’oublier les «c’est rien, les enfants grandissent à leur rythme, ça viendra tout seul monsieur».

Mais au Québec, on nous donne les moyens de l’aider. Adam aura un accompagnateur quand il ira à l’école maternelle, entièrement pris en charge. Entre le Canada et le Québec, on aura droit à 5000$ de subvention par an pour payer ses séances d’ergothérapie et d’orthophonie. Les autistes sont accompagnés dans le système scolaire avec un objectif permanent de sociabilisation et d’intégration, à terme, dans les écoles normales (d’ailleurs, les classes spécialisées se déroulent dans les mêmes établissements).

Je me doute que ce sera plus compliqué que prévu. J’anticipe d’ores et déjà de nombreuses batailles pour obtenir des places dans les structures adaptées, les démarches et délais sans fin, et quoi d’autre encore. Mais en attendant, le Québec donne de l’espoir à notre famille, car dans cette société les problèmes de notre fils sont pris au sérieux.

Non je ne fais pas de généralités sur les pédiatres et les pédopsy. Mais je crache à la gueule des incompétents qui ont balayé la chair de ma chair d’un revers de main, comme si mes inquiétudes n’étaient que les lubies d’un parent parano. Adam, tu vas voir, on n’a pas traversé l’océan pour rien. Je t’aime et je te sauverai.

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« Les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux. »

« L’accroissement du nombre de fidèles musulmans et un certain nombre de comportements posent problème. »

« Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés. »

« 2 % de la délinquance sont le fait de Roumains ».

« Il y a une immigration comorienne qui est la cause de beaucoup de violences ».

Ce florilège de citations, digne des plus hautes envolées du café du commerce, sort tout droit de la bouche venimeuse d’un ministre. Un ministre oui, en France un homme capable de telles sorties est devenu ministre. Il s’agit du ministre l’intérieur Claude Guéant. Il a encore fait parler de lui le 4 février dernier, en déballant un nouvel extrait de sa réflexion: « Toutes les civilisations ne se valent pas. » Il faisait bien sûr allusion aux Musulmans. Encore. Le président Sarkozy l’a d’ailleurs défendu en précisant, pour ceux qui n’avaient pas compris: « Le ministre de l’Intérieur a dit qu’une civilisation, un régime, une société qui n’accordaient pas la même place et les mêmes droits à des hommes et à des femmes, ça n’avait pas la même valeur. C’est du bon sens ». Quel est le but de tout ça? Prouver qu’à l’UMP on imite très bien l’extrême droite? C’est réussi. Encore une agression. Encore une phrase qu’on imaginerait bien sortie de la bouche d’un aryen convaincu  avec des gesticulations hystériques et la mèche de cheveux qui pendouille. Encore une phrase qui va générer des débats stériles et haineux à base de « quelle honte, c’est du racisme » contre « je ne suis pas raciste mais là il a raison ». Et pendant ce temps, on évite de parler d’autre chose. Bref, encore une phrase que Guéant aurait mieux fait de garder dans sa bouche de (je n’en reviens toujours pas) ministre. Ce type est ministre!!

Guéant a au moins le mérite de la constance. Depuis son arrivée au ministère il y a un an, le haut fonctionnaire a mis tout son génie à l’œuvre pour enchaîner les incitations à la haine aussi honteuses qu’incroyables pour un ministre (un ministre!!!). Son objectif est manifestement de maintenir le pays dans un niveau de débat en-dessous du caniveau. Je n’ai cité qu’un échantillon de ses déclarations hein, j’en passe et des meilleures. Tous les moyens sont bons pour maintenir le racisme et la haine au cœur du débat national – c’est tellement pratique pour éviter de parler emploi ou argent! Guéant n’hésite jamais à inventer des chiffres ou des statistiques pour appuyer ses phrases nauséabondes. L’INSEE lui-même (l’institution de la statistique en France), qui ne commente jamais les affaires politiques, a contesté la phrase sur l’échec scolaire.

Guéant est peut-être un amateur de première. Un type plus naïf que Forrest Gump, qui ne réalise même pas l’énormité de ce qu’il dit ni les répercussions que cela peut avoir. Car s’acharner à ce point dans l’incitation à la haine, alors qu’une campagne présidentielle se profile et que le pays en crise a besoin de mobiliser ses ressources, cela relève de la crétinerie bornée! Je ne parle même pas du fond de ses citations: on peut parler de la violence, on peut parler de l’immigration, on peut parler de la place de la religion dans les services publics; mais quand on est ministre (ministre!!!), on ne fait pas de lamentables raccourcis démagogiques tout juste bons à draguer l’électorat d’extrême droite! Le pire est de voir l’UMP lui emboîter le pas, en qualifiant tout contestataire de « bobo moralisateur ». Ouais, de grosse pédale, tout le monde sait que c’est ce qu’ils ont envie de cracher. Ça transpire, c’est le style de la maison. En même temps, lorsque le député de la Martinique Serge Letchimy joue sur le terrain UMP du parler-cru et déclare que les propos de Guéant rappellent « jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration » et le « régime nazi », que font les membres du gouvernement? Ils quittent l’Assemblée, tels des bobos moralisateurs dont les oreilles délicates auraient été choquées! Le franc-parler n’est plus de mise lorsque l’agresseur devient agressé…

Pourtant, s’il faut chercher les hommes politiques qui ont prononcé ce genre de phrase, on finira vite par tomber sur Adolf Hitler. Ben oui, il faut appeler un chat un chat. Vous voulez une traduction de son livre pour en juger? Vous voulez lire du Mein Kampf pour comparer? En voici quelques extraits:

« Un peuple n’est pas identique à un autre peuple et, à l’intérieur d’une communauté, une tête ne peut pas non plus être identique à une autre tête. Admettre ce postulat incite d’abord, sans chercher de finesses, à favoriser dans la communauté les éléments reconnus supérieurs, et à s’occuper d’accroître particulièrement leur nombre. »

« Celui qui nie la différence entre les races, en ce qui concerne leur aptitude à engendrer des civilisations, est forcé de se tromper aussi quand il juge les individus. Accepter l’égalité des races entraîne à juger pareillement les peuples et les hommes. »

C’est Mein Kampf hein, pas les extraits du dernier discours de Claude Guéant, précisons. Et pourtant, les membres de l’UMP ont joué les vierges effarouchées en entendant le mot « nazi ». Ce genre de réaction me laisse penser que Guéant n’est pas un amateur. Juste un instrument de la politique de sabordage de l’UMP. L’élection semble perdue d’avance pour le parti de Sarkozy, il faut croire que le but des politicards qui dirigent le navire se résume désormais à emporter un maximum de victimes avec eux. Dans ce cas, c’est sûr, le cynique Guéant se pose en capitaine de vaisseau.

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Histoire de ne pas être taxé d’écrire uniquement à charge, voici les extraits d’une petite enquête d’UFC Que Choisir à propos des nouveaux forfaits mobiles de Free. L’association de défense des consommateurs en France a mis son nez dans le détail des offres, et y a déniché quelques frais non-annoncés. Le principal hic vient du prix exorbitant des téléphones vendus par l’opérateur. L’iPhone 4S 16 Go, par exemple, revient au final à 720 € chez Free alors qu’il est vendu seul 629 € chez SFR. Le plus intéressant reste donc de souscrire à une offre de Free si l’on a déjà un téléphone, puisque rien n’oblige à s’équiper d’un nouveau modèle. Nul doute que Free (qui cherche lui-aussi à se faire de l’argent hein!) compte sur l’énorme attractivité de ses forfaits pour attirer des clients et profiter de leur élan pour leur vendre un téléphone avec une grosse marge bénéficiaire.

Voici les extraits de l’enquête que je trouve les plus pertinents, notamment sur des points que Xavier Niel n’avait pas jugé bon de préciser dans sa fracassante conférence de presse. Je soupçonne certaines critiques d’UFC Que Choisir d’être applicables à de nombreux autres opérateurs, comme fait d’imposer l’octroi d’un avoir en cas d’interruption de service (c’est illégal). Il serait amusant que ce genre d’enquête soit également réalisée sur les forfaits proposés par les opérateurs historiques, histoire de voir si ces derniers, qui font feu de tout bois pour attaquer Free, n’oublient pas de balayer devant leur porte. Mais c’est la règle du jeu: après son arrivée tonitruante sur le marché, Free devait s’attendre à ce que son offre soit décortiquée à la loupe par des spécialistes, en quête de la moindre arnaque. C’est de bonne guerre…

Le contenu complet de l’article d’UFC Que Choisir se trouve ici.

Free mobile

Des frais annexes

Free mobile facture 10 € l’envoi de la carte SIM (sauf en cas de souscription par Internet ou de portabilité) et 10 € l’envoi du mobile (15 € pour les deux). Certaines options sont aussi facturées en supplément : 1 €/mois pour le service Mail Push BlackBerry, 0,05 €/min pour le renvoi d’appels (en métropole)…

Des restrictions d’usage

Les appels inclus vers 40 destinations sont limités aux lignes fixes, sauf pour l’Amérique du Nord (fixe ou mobile) (1).
Les SMS et MMS sont limités à 10 destinataires par envoi, la carte SIM ne peut pas être utilisée dans un ordinateur ou une tablette 3G.

Attention au tarif des téléphones

Free mobile propose d’acquérir des téléphones grâce à un crédit sans frais sur 12, 24 ou 36 mois. Mais gare au prix de vente du téléphone ! L’iPhone 4S 16 Go, par exemple, revient au final à 720 € chez Free alors qu’il est vendu seul 629 € chez SFR. Par ailleurs, que se passe-t-il si le téléphone rend l’âme ou si vous souhaitez en changer avant la fin du remboursement ?

Indemnisation limitée

Une interruption du service d’au moins 2 jours donne droit « à un avoir calculé sur le montant de l’abonnement mensuel au prorata temporis du défaut d’accès au service » (art. 5.2 des CGA). Le fait d’imposer l’octroi d’un avoir est abusif (art. R.132-1 7° du code de la consommation).

Les débits

Free ne donne aucune précision concernant les débits proposés sur son réseau, que ce soit en utilisation normale ou bien une fois les 3 Go de données épuisés.

Pas de facture papier

Les abonnés à Free mobile recevront chaque mois une facture sur « support durable électronique » (art. 3.2 des CGA). Une pratique inverse au principe édicté par l’article 14 de l’arrêté du 1er février 2002 relatif aux factures téléphoniques, qui prévoit que les factures sont envoyées au client « sur support papier ou, avec son accord préalable et exprès, sur un autre support durable à sa disposition ».

Je tenais à mettre en avant l’approche critique d’UFC Que Choisir car l’association est réputée impartiale, et sa démarche est constructive. En attendant, méfiez-vous des déclarations à l’emporte-pièce des experts en communication de Bouygues, Orange et autre SFR. Ces derniers ne savent plus quoi inventer. Canal + (propriété de Vivendi, détenteur de SFR) a récemment diffusé un reportage narrant le casse-tête abominable qui attend tous ceux qui s’apprêtent à résilier leur forfait actuel. Message sous-tendu: si vous tentez de nous quitter, on fera de votre vie un enfer!

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Regardez bien cette vidéo juste au-dessus. Un bon paquet de Français l’ont probablement visionnée, mais j’aimerais aussi que des Québécois en fassent autant.

Cette vidéo, c’est la troisième guerre mondiale. La nouvelle révolution française. La guerre des ondes. La grosse brique qui tombe sur le poil (pour ceux qui préfèrent les images concrètes).

Cette vidéo, c’est la conférence de presse de Xavier Niel, patron de l’opérateur internet Free, qui se lance dans le marché du mobile. Accrochez-vous, les deux offres annoncées vont totalement changer le marché de la téléphonie mobile en France. Premier forfait: 20 euros/mois, illimité en voix et sms, en France et vers la plupart des destinations à l’étranger, 3 go pour l’internet. Aucun engagement. Pas de frais caché. Autrement dit, une facture divisée par 4 par rapport aux concurrents Bouygues, SFR et Orange. Ces offres n’incluent pas l’achat du téléphone, dont la facture est séparée (il est donc possible de prendre un forfait chez Free sans acheter de téléphone par leur entremise). Mais pour un forfait accompagné d’un IPhone 4s, la facture reste divisée par 2.

Deuxième forfait: il s’agit d’un forfait « social », pour petits budgets ou petites consommations. Free proposera une heure de communication vocale et 60 textos pour… 2 euros par mois. Gratuit pour ceux qui sont déjà abonnés à la Freebox (l’offre internet de Free). A noter que les abonnés Freebox ont également droit à 4 euros de réduction sur le forfait mobile « classique ».

Ces offres mobiles vont faire des dégâts chez les escrocs qui trustent depuis trop longtemps le marché du mobile en France. Niel peut railler copieusement les opérateurs historiques (personnellement, comme vous vous en doutez, j’applaudis des deux mains): avec cette annonce, Bouygues, SFR et Orange sont morts. Morts de leurs ententes sur les prix, morts de leurs marges tellement colossales qu’elles ont bouchées leurs artères. Bon, ces grands groupes se sont tellement gavés qu’ils ont certainement les moyens de se soigner, autrement dit d’aligner rapidement leurs tarifs. Mais dans l’immédiat, le coup va les ébranler. D’ailleurs, leurs réactions n’ont pas trainé, et comme prévu, elles se sont avérées bien ridicules.

Les opérateurs historiques ont commencé, comme d’habitude, à critiquer le SAV de Free, un argument risible compte-tenu du niveau de leur propre suivi-client. Sans parler, bien sûr, de leur capacité légendaire à les prendre pour des vaches à lait: arnaquer tout le monde, je n’appelle pas ça prendre soin de ses clients! Est venu ensuite un plan anti-Free sur les ondes télévisées. On s’en doutait: SFR est détenu par Vivendi, propriétaire de la chaîne Canal+. TF1 est détenu par Bouygues. On attendait donc de bonnes vieilles stratégies de diffamation mensongères et nauséabondes, et on n’a pas été déçu. Sur Canal, le soir même, Xavier Niel est tout simplement interdit de plateau, refoulé « parce qu’il avait accordé un entretien sur la Cinquième juste avant ». Ah ah ah. Et sur TF1, au journal de 20 heures, il y avait carrément de quoi se taper sur les cuisses: un sujet probablement écrit par les experts en communication de Bouygues qualifie le forfait social à 2 euros de « pas suffisant », notamment pour « les personnes en interdit bancaire ». On se marre. Que proposent les autres concurrents, en attendant? 10 euros pour 40 minutes et 40 sms. Soit 5 fois plus cher, pour 33% de contenu en moins. Et mieux vaut ne pas parler de la facture des dépassements.

Depuis 2002, Free s’est taillé un énorme succès en France en lançant les offres triple play (30 euros pour internet, télévision et téléphonie fixe illimités). A l’époque, on parlait déjà de révolution: pas de limite, le plus haut débit possible, et un prix défiant toute concurrence: c’était du jamais vu. Ce sont les mêmes recettes que l’on retrouve aujourd’hui dans leur offre mobile.

J’espère que cette actualité va faire le tour du Québec, où les offres sont à des années-lumières de ce que peut proposer Free. Que ce soit pour l’internet (le triple play n’existe pas, et les tarifs des FAI principaux, Bell et Videotron, sont tout simplement scandaleux) ou le mobile. Il y a un grand besoin de stimuler ce marché, où l’on en est encore à l’ère du téléchargement limité, ou il faut payer pour avoir une messagerie sur son cellulaire, avec des tarifs prohibitifs. Pour l’internet, n’espérez pas un débit de 12 mo à moins de 50 dollars mensuels, et ce avec une capacité de téléchargement bridée. Les rares opérateurs à proposer de l’internet illimité limitent la vitesse à 5 ou 6 mo, pour 30 dollars par mois environ. Et nous ne sommes pas dans le triple play, rappelons-le!

Voici, pour finir, une interview de Xavier Niel sur une émission radio, ou il détaille un peu plus son offre. Le journaliste, Jean-Jacques Bourdin, est réputé intraitable et du genre à ne rien laisser passer. Mais là, difficile de prendre l’offre de Free en défaut. Surtout par rapport à la concurrence, qui s’est franchement moqué du monde pendant trop longtemps. En 2002, lorsque Free avait lancé son offre triple play internet, le patron d’AOL avait compris en direct que son entreprise était morte. On peut déjà creuser les tombes SFR, Orange et Bouygues. A moins que, tout-à-fait par hasard, ces opérateurs-voleurs ne parviennent comme par magie à aligner des tarifs concurrentiels. Après tout, pour internet, tous avaient fini par se caler sur l’offre triple play de Free, à quelques euros près. Cela prouverait une fois de plus à quel point ces opérateurs se remplissent les poches sur le dos des consommateurs.

M’est avis aussi que si c’est le cas, Free aura de quoi répondre. Xavier Niel a déclaré que les forfaits annoncés étaient limités aux 3 premiers millions de clients. Cela ne m’étonnerait pas qu’ils gardent des offres encore plus intéressantes sous le coude, une fois qu’ils auront bien investi le marché, histoire d’enterrer définitivement les autres opérateurs.

Bientôt, la fin des pigeons?

 

MISES A JOUR:

Mieux que les blagues carambar, voici les dernières réactions de la concurrence suite à l’arrivée en fanfare de Free sur le marché français de la téléphonie mobile (voir mon précédent billet).

Le 12 janvier: ils cogitent. Ça n’a pas loupé, dès le lendemain, Orange riposte en proposant de nouveaux tarifs, via sa marque Sosh (déjà créée par anticipation, afin de limiter la fuite des clients vers Free). C’est comique, car d’une part, si Orange se doutait qu’il fallait préparer une grosse baisse, on est encore loin des tarifs de Free: 25 euros par mois pour le forfait illimité avec seulement 1 go de téléchargement internet mobile (contre 20 euros et 3 go chez Free, voire 16 euros si vous avez la freebox). D’autre part, et c’est peut-être là le plus drôle, c’est qu’Orange donne la preuve à tous ses clients qu’il leur a dépouillé le porte-feuille aussi longtemps que c’était possible. C’est à se demander si SFR et Bouygues ne feraient pas mieux de jouer les opérateurs chers mais honnêtes. « Non, nous on baisse pas, on n’a pas les moyens, trop de frais, tout ça, siouplait, on est pauvres ». Pour leur image, ce serait mieux, à condition de ne pas savoir que le communiqué aurait été rédigé en direct de la piscine en or massif du siège social. A voir dans les jours qui viennent.

Le 13 janvier: ils avouent. Bouygues se fend d’une lettre officielle sur… facebook. L’opérateur affirme à ses clients « non, nous ne vous prenons pas pour des pigeons » (sic), sans toutefois en apporter la moindre preuve. Bouygues en profite pour annoncer que de nouvelles offres arriveront « prochainement ». Autrement dit, en attendant, pas de geste. La lettre récolte une pluie d’insultes.

SFR, pour sa part, préfère réviser ses tarifs immédiatement. Quelle chance, de nouveaux forfaits étaient justement là, dans le tiroir, on les avait oublié, c’est trop bête! Amis clients de SFR, vous savez maintenant qu’on vous a pris vous aussi pour de gros pigeons pendant des années. Virgin prend également des mesures similaires. Il est navrant de constater que la plupart des opérateurs avaient bel et bien des offres concurrentielles dans leur besace. Tout était prêt depuis longtemps: on se doute qu’on ne monte pas une nouvelle gamme de prix à coup de brouillons, vite griffonnés sur un coin de table pendant la conférence de Free. Mais Bouygues & co sont de tels rapaces qu’ils ont préféré se sucrer jusqu’au dernier moment. C’est une grave erreur stratégique: en baissant drastiquement leurs tarifs plusieurs mois avant l’arrivée de Free sur le marché, ils auraient pu damer le pion à leur concurrent et fidéliser la clientèle grâce à une image sympathique, genre « on fait des efforts, comme ça, pour vous ». Bref, ils auraient pu gagner ce que Free vient de leur rafler il y a 3 jours. Mais non, l’appel du bénéfice à court terme a été le plus fort. Tout le monde sait maintenant qu’ils ont cherché à entuber leurs clients le plus longtemps possible.

Le 14 janvier: ils sont patriotes. De mieux en mieux. N’ayant pas peur du ridicule, les opérateurs historiques accusent Free de ruiner l’État français. « Le manque à gagner sera de plusieurs milliards », a confié à la presse un concurrent, patriote valeureux mais curieusement anonyme. Bah oui ma pov’ dame, vous comprenez, tous les opérateurs vont être obligés de s’aligner sur les tarifs de Free Mobile. Cela entraînera une baisse du chiffre d’affaires, des bénéfices, et donc des taxes qui en découlent. La mort du pays, j’vous dit, bouhouhou. Alors que nous autres, nous escroquions l’ensemble des Français pour le bien de la Nation, vous comprenez.

On atteint des sommets de mauvaise foi. Déjà, les concurrents n’ont toujours pas aligné leurs tarifs. Parmi les différentes nouvelles offres, la proposition la plus courante tourne à 25 euros en illimité. Soit 5 euros de plus par mois, avec des capacités de téléchargement moindres pour internet. Ensuite, c’est bien la première fois qu’on entend des patrons regrettant leur contribution fiscale! Aux dernières nouvelles, monsieur Bouygues n’est pas un homme de gauche. Il devrait se montrer heureux de l’initiative de Free: elle va entraîner moins de pression fiscale pour les Français, et un regain de leur pouvoir d’achat. Sarkozy en rêvait, Free l’a fait… Messieurs Esser, Bouygues et autres patrons d’opérateurs téléphoniques, bienvenue dans un monde de concurrence libre et non faussée!

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Bonne année à tous, profitez-en bien car, comme vous le savez tous, c’est la dernière! Les Mayas sont formels, le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existera plus au 21 décembre 2012. Je confirme moi aussi: vu que le monde change tous les jours, ce serait une énorme coïncidence que l’ensemble du monde animal et végétal décide de rester au lit sans bouger pile ce jour-là, juste histoire de laisser la Terre entière dans le même état que la veille. Il faudrait vraiment avoir l’esprit de contradiction.

Mais ce n’est pas de cela que je voulais parler. Pour fêter le passage en 2012, je souhaitais revenir sur une excellente initiative vue au Québec. Il s’agit de l’Opération Nez Rouge.

Bon, c’est sûr, le nom impressionne moins que « Opération Tempête du Désert » ou « Opération Choc et Effroi ». Mais chaque année, au mois de décembre, comme il est résumé sur le site officiel, cette action bénévole se donne pour mission de « valoriser, par une approche non moralisatrice, l’adoption d’un comportement responsable face à la conduite avec les facultés affaiblies, en rendant possible l’existence d’un service de raccompagnement accessible et confidentiel, et dont les résultats financiers profitent à des organismes locaux dédiés à la jeunesse et/ou au sport amateur ». En clair, ils ramènent les mecs bourrés à la maison (ainsi que les femmes).

A ma connaissance, cette offre bénévole n’a pas d’équivalent en France. Il y a là un créneau à prendre. A condition, évidemment, de mettre la main sur les quelques personnes ne buvant pas pendant les fêtes de fin d’année (les fameux Sam, ces créatures étranges mi-homme, mi-airbag).

Pour ce mois de décembre 2011, l’Opération Nez Rouge a complété pas moins de 62 907 raccompagnements dans les différentes régions du Québec desservies par le service, ce qui représente une augmentation de 6,6 % par rapport à 2010. Aucune statistique ne précise en revanche combien de poivrots sont parvenus à articuler leur véritable adresse, et non un amas de syllabes incompréhensibles entrecoupé de postillons précédant le ronflement final, poussant leur conducteur à les rapatrier au beau milieu de la forêt boréale.

Après avoir jeté son passager ivre mort prêt à dormir devant la porte de sa maison (vu qu’il a perdu les clés, qui attendront le lendemain pour réapparaître au beau milieu de sa poche), chacun des 43 984 bénévoles est reparti avec le sentiment du devoir accompli, pensant avoir évité un accident stupide. En réalité, ces bons samaritains ont surtout contribué à appauvrir les journaux télévisés en faits divers, devenant ainsi les ennemis publics numéro 1 des journalistes à cours de sujet en période de fêtes. Au nom de la fraternité rédactionnelle du journalisme total, que je représente en ce blog, je ne vous remercie pas!

Meuuuuh non je plaisante. Les journalistes aiment bien picoler en plus, je suis sûr que certains ont fait appel à eux. Pas moi, j’ai une femme pour ça.

Meuuuh non je plaisante, je ne bois même pas. Meuuuh n… ah si, c’est vrai ça.

Et parce qu’une bonne action c’est bien, mais moins bien que deux, l’Opération Nez Rouge ne se contente pas de ramener à bon port tous ceux qui ont abusé du sang du Christ à la messe de Noël. Chaque année, dans tout le Canada, l’Opération Nez rouge remet plus de 1 300 000 $ à des organismes œuvrant dans le domaine de la jeunesse et du sport amateur grâce aux dons versés par les clients. Certes, ces dons étaient peut-être involontaires, puisqu’on a toujours du mal à compter les billets lorsqu’on abuse du sang du Christ à la messe (en plus, on est obligé de donner les billets, vu que le curé nous a délesté de la totalité de nos pièces de monnaie pendant la quête). Mais qu’importe, cela aura le mérite de donner un sujet d’enquête aux journalistes à cours de sujet au mois de janvier. Incroyable, une troisième bonne action!

De quoi réchauffer les cœurs au moment de dresser un bilan routier des Fêtes plutôt désastreux: 23 personnes sont mortes sur les routes du Québec entre le 24 décembre et le 2 janvier. C’est deux fois plus que l’an dernier, mais les chiffres sont souvent élevés à l’arrivée des premières neiges, qui sont tombées pile pendant les congés de Noël cette saison.

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Oui, la France a peur, et ce n’est pas fini.

Tout commence le 12 novembre. Le Nouvel Obs relève une info inquiétante:

« Un quadragénaire mortellement poignardé à Massy.

Un homme de 46 ans est mort vendredi après-midi après avoir été poignardé à proximité de son domicile à Massy (Essonne), a-t-on appris samedi de sources concordantes, confirmant une information du Parisien. »

 

2 jours plus tard, ce 14 novembre, le pays n’est plus sûr. Lu sur le Figaro:

« Nord: un père s’attaque à son fils

Un père s’est attaqué à son fils à coups de marteau, puis en lui tirant une balle dans l’épaule, hier soir à Vendeville, au sud de Lille, a-t-on appris lundi de source policière. »

 

Ce n’est pas tout. Le même jour, c’est toute la Bretagne qui est en émoi.

« Melgven. Un jeune homme de 19 ans blessé à l’arme blanche

Un jeune homme de 19 ans, originaire de Quimper, a été retrouvé poignardé dimanche matin sur un parking à Melgven. L’auteur présumé a été interpellé dimanche en soirée par la gendarmerie. »

 

Le Parisien n’est pas en reste:

« Besançon: le patron d’un café poignardé à mort.

Macabre découverte à Besançon. Le corps d’un homme, propriétaire d’un café situé dans le centre-ville, a été retrouvé lardé de plusieurs coups de couteau, lundi à son domicile. »

 

Enfin (j’arrête là, tout ceci est insoutenable), sur LCI/TF1, c’est l’autorité publique qui est menacée:

Un gardien de la paix tué par balles.

Un homme a été tué d’une balle en plein coeur à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis dans la nuit de dimanche à lundi, révèle lundi Le Parisien.

 

On va encore me dire que je suis parano, mais… y’aurait pas une présidentielle qui approche?

Quelque chose me dit que d’ici quelques mois, on aura droit aussi à des témoignages ayant aperçu l’auteur présumé… avec des cheveux bizarres, une couleur singulière, des habits pas corrects, voire même, même, une casquette.

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Photo André Pichette, La Presse

  • Je pense qu’on nous vend des salades quand on nous dit, à nous autres les Français révolutionnaires, que nous sommes les champions du monde de la manifestation, les seuls à descendre dans la rue pour se plaindre du bruit de la chasse d’eau, etc. Depuis que je suis arrivé à Montréal, il y a un mois, il ne se passe pas une semaine sans défilé en centre ville. Samedi dernier, la communauté congolaise arpentait la rue Sainte-Catherine pour dénoncer les violences et l’exploitation de leur pays, dans l’indifférence générale. Depuis le 14 octobre, au Square Victoria de Montréal, ou place Saint-Roch à Québec, d’importants collectifs d’Indignés, tels qu’on en voit un peu partout aux Etats-Unis, au Canada ou en France cet été (ici à Bayonne), ont investi de grandes artères municipales et se préparent à camper pour l’hiver. Ils militent pour une répartition des richesses plus équitable, et un monde meilleur en général (ce qui est toujours mieux que de militer pour un monde pire). Un campement de 400 personnes logés dans des yourtes ou des tipis, en plein coeur du quartier d’affaires, ça se remarque croyez-moi. Ce jeudi 10 novembre, 200.000 étudiants canadiens ont refusé d’aller en cours, et 30.000 ont marché dans les rues de Montréal pour protester contre la hausse annoncée des frais de scolarité (+1625$ dans 5 ans quand même). Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne cause de toutes ces protestations. Bref, faut pas croire: de l’autre côté de l’Atlantique (oui, dans l’antre du capitalisme), ça sort, ça crie, ça brandit des panneaux bardés de messages revendicatifs. Et encore, je ne vous ai même pas parlé de la marche des zombies du 22 octobre dernier.

Contrairement aux apparences, cette photo n’a pas été prise au sommet du G20, mais bien à la Zombie Walk de Montréal. Elle est signée Cyrielle Beaubois. Cliquez ici pour en voir d’autres!

 

 

  • Je pense que je serai déçu si Silvio Berlusconi démissionne effectivement la semaine prochaine. Le Cavaliere méritait d’être sanctionné pour l’ensemble de son oeuvre scandaleuse: affaires sexuelles, politiques, de corruption ou d’abus de pouvoir. Au lieu de ça, le bougre a trouvé là le moyen de partir sur une note plutôt digne. Le budget de son gouvernement pour l’année 2010 a été en effet récemment validé par 308 voix pour, 0 contre, mais 321 abstentions. Autant dire qu’il n’a plus la confiance de la majorité de ses députés. Le chef du gouvernement italien a déclaré avoir « bien compris les implications de ce vote« . Et d’ajouter, la main sur le coeur: « savoir qui dirige ou ne dirige pas le gouvernement est moins important que faire ce qu’il faut pour le pays ». Il démissionnera donc après le vote par le Parlement, prévu la semaine prochaine, des réformes économiques réclamées par l’Union européenne. Un finish honnête et désintéressé: de la part de Berlusconi, c’est très fort!
  • Je pense avoir deux défis à relever pour réussir mon immigration au Québec: encaisser les 6 mois d’hiver, et supporter la cavalerie d’héritiers de Céline Dion et autres Garou, chanteurs et chanteuses tous plus mièvres les uns que les autres, avec parfois une étonnante capacité à briser les fenêtres par la seule force de la voix.  L’ADISQ, l’industrie du disque locale, se plaint autant du piratage que les majors françaises. Selon une étude de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, la musique québécoise représente 51% des téléchargements des usagers québécois, alors qu’elle ne représente que 21% du contenu disponible en peer-to-peer. « Il faut acheter les albums des artistes québécois. Il faut les encourager », dit l’ADISQ. Mais ça va pas??? Si on les encourage, ils n’arrêteront jamais!
  • Je pense, à propos de l’industrie du disque qui attribue sans arrêt la baisse de ses chiffres au piratage, qu’il faut aussi prendre en compte un paramètre manifestement inconnu des des marketeux: le porte-monnaie des consommateurs n’est pas extensible. Les chutes des ventes de disque correspondent peut-être à la démocratisation de l’internet haut débit. Je pense surtout qu’elles correspondent à l’explosion du marché du DVD (puis Blue Ray), pis des téléviseurs HD, pis des consoles et de leurs jeux hors de prix, pis du manga, pis de la hausse du coût des tickets de cinéma, bref, du loisir culturel. Les gens aimeraient bien tout acheter ma p’tite dame, mais ils peuvent pas. Alors ils choisissent. L’industrie du CD n’a pas été victime du piratage: elle a été victime de la concurrence. Fallait être plus attractif aussi, et au lieu d’attendre le déluge pour faire évoluer le produit!

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